DEUXIÈME PARTIE
il est impossible que je puisse résister longtemps.
» Les barbares l'ont bien prévu.
» Ils savent que la nature sera bientôt vaincue, et le crime consommé.
» Quelle nuit ! quelles heures ! lutte sans espoir contre toutes les défaillances de la nature !
» Quel gouffre d'atrocités ! toutes les angoisses, tous les épouvantements, toutes les détresses de l'âme et du corps ! toutes les affres de la mort sans la perspective du dernier repos !
)) La bande infernale s'éloigne de quelques pas, et, avec des cris, des éclats de voix, des hurlements, des contorsions de démons, exécute sur le sable du rivage des danses insensées, prélude de la jonglerie.
» Leurs membres nus, rougis par
les sanglantes langues de feu que le vent de la nuit fait jaillir de l'âtre, les feraient prendre pour une troupe de sorciers ou de nécromants échappés de l'enfer.
)) Leur ronde flamboyante tourbillonne comme un ouragan.
)) Au milieu de leurs vociférations, une voix, toujours la même, glas funèbre qui tinte encore à mon oreille, se distingue et règle leurs pas.
)) Les hiboux, les chouettes et les autres oiseaux de nuit, attirés par la flamme et par ces clameurs insolites qui troublent le silence de leur veille, voltigent d'arbre en arbre, mêlant leurs cris effrayants au bruissement de la forêt, au ressac de la mer sur les vertèbres des falaises et au ricanement de l'orgie.
^^ Adieu au dernier espoir !
" Tout est fini !