‹ La jongleuseChapitre 60 sur 71 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

)) Mais c'est en vain ; la nature est épuisée : je lutte quelque temps encore ; mes forces m'abandonnent; ma tête retombe lourdement sur ma poitrine. Unenouvelle défaillance. ..

» Soudain d'épouvantables hurlements m'arrachent de ma léthargie ; mes cheveux se dressent sur ma tête.

Mon Dieu ! j'ai tué ma mère !...

)) Un râle d'horreur s'exhale de ma poitrine.

» Entre la terre et la voûte des branches le cadavre est là qui se balance au gré du vent.

)) Le vertige, la stupeur glacent mon sang dans mes veines.

» Tous les objets semblent tourner autour de moi.

» Un crêpe funèbre s'étend sur ma vue.

)) Je sens l'ongle de la mort me mordre au cœur.

)) Depuis cet instant jusqu'au moment de perdre tout sentiment d'existence, toutes mes idées se troublent et deviennent confuses dans ma mémoire.

» Quelques pâles souvenirs entrevus comme à travers un rêve : le grincement de la corde sur la branche fatale, le vent qui pleure tristement sur ma tête et soupire le chant de la mort ; aux approches de l'aube le croassement d'une corneille qui vient se poser sur la branche.

» Elle s'approche, s'approche encore pour flairer le cadavre, l'effleure de son aile en voltigeant, puis tout à coup s'envole en criant.

» A travers le voile du trépas qui couvre mes yeux, je crois entrevoir, ô horreur !... une face effroyable et

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