‹ La journée de huit heures [microform]Chapitre 67 sur 69 · II · texte numérisé non relu

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Il en est de même pour la force manuelle ou la force rénale. A 19 ans, la force manuelle est de 54 kilos 83 pour l’ouvrier textile et de 59 kilos 43 pour l’ouvrier non textile, et la force rénale (1) est respectivement de 124 kilos 82 pour la première et 143 kilos 12 pour la seconde.

La décroissance des forces est plus rapide chez 1 ouvrier textile que chez les autres travailleurs industriels.

Le maximum de la force rénale est chez tous les ouvriers de 30 à 34 ans, mais ce maximum est de 153 kilos 84 chez l’ouvrier non textile, et de 145 kilos chez l’ouvrier textile. A 60 ans et au-dessus la foi ce rénale n atteint plus que 98 kilos 52 pour les ouvriers textiles et 126 kilos 53 pour les autres.

M. Dementieff se demande ce que deviennent ces ouvriers après 40 ans. « Ils s’en vont au cimetière, répond-il. Mais c est seulement une petite partie d’entre eux qui meurt dans les fabriques. Notre ouvrier s’en va mourir dans son pays natal... Les médecins de campagne qui connaissent bien la population de leurs districts et qui enregistrent de leur propre initiative, la morbidité et la mortalité par famille, savent bien (et pour le moment eux seuls savent) que la vraie cause de cette mortalité élevée sont la ville et la fabrique. Ils savent que le lendemain de son retour dans son pays natal, l’ouvrier se présentera à la visite avec tous

1- La force manuelle est la force de prise et de serre ; la force repaie, Teffort de soulèvement.

ANNEXES 219

les symptômes de différentes affections pulmonaires chroniques, et après un temps assez court, sera marqué dans leurs listes, comme décédé par phtisie pulmonaire (1). »

M. Dementieff attribue notamment cette déchéance de l’organisme, à ce que le mouvement professionnel est limité à un petit nombre de muscles toujours les mêmes ainsi qu’à la tension continue du système nerveux exigée par la surveillance incessante de la marche des métiers

mécaniques

1. — E. Dementieff ; La fabrique^ ce qu'elle donne à la population et ce qu’elle lui prends p. 239. Cité par Ilia Sachnine, loc. cit., p. 200.

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