A. DUCROT
Ce fut M. le comte de Bismarck qui répondit à cette seconde lettre.
Versailles, 17 février 1871.
Monsieur le général,
En réponse à votre gracieuse lettre du 14 de ce mois à Son Excellence Monsieur le général de Moltke et qui me l'a remise, j'ai l'honneur de vous répondre, avec le plus profond respect, que jusqu'ici les officiers français prisonniers de guerre qui ont prié Sa Majesté l'Empereur et Roi de leur permettre d'aller à Bordeaux, ont reçu la présente lettre* — Et pour cette raison, je vous offre un même écrit, puisque selon votre désir vous avez été compris parmi les officiers français prisonniers.
Veuillez agréer. Monsieur le général, l'assurance de ma considération la plus distinguée.
Comte D£ BISMARCK.
Le général Ducrot a vainement attendu qu'il fût pratiquement possible de réunir le conseil de guerre annoncé par M. le général de Moltke. Ne voulant pas cependant laisser subsister l'ombre d'un doute Sur la parfaite loyauté de sa conduite, il a demandé à soumettre les faits relatifs à son évasion à l'examen de la commission instituée par la loi que l'Assemblée nationale a votée dans sa séance du 8 août 1871. A la suite de cet examen, le président de la commission, l'honorable général Changarnier, a adressé au général Ducrot la lettre suivante :
Monsieur le général Ducrot^ à V Assemblée nationale.
VersaiUes, 16 septembre 1874.
Cher général,
La commission nommée par l'Assemblée nationale, en exécution de la loi votée le 8 août 1871, a entendu les explications que vous avez spontanément cru devoir lui donner au sujet de votre évasion après la capitulation de Sedan. — Elle vous félicite, cher général, d'avoir tenu à honneur de reprendre les armes dès qu'il vous a été possible de vous soustraire à la surveillance de l'ennemi dont vous étiez le prisonnier gardé.
CroyeÈ, cher général, à mes sentiments d'affectueuse estime.
Le Président y