‹ La journée des MadrigauxChapitre 11 sur 53 · AU PREMIER MADRIGAL DE THÉODAMAS · texte numérisé non relu

AU PREMIER MADRIGAL DE THÉODAMAS

Mon cœur, pour contenter le voslre, Consent que vous pensiez qu'en parlant pour une autre^

Je vous parle pour moy ; Pourveu que vous vouliez subir la mesme loy , Et que quand vous parlez à nostre Philoxène

De ce qu'on n'appelle point haine, Mesme parmi les Ottomans, Je prenne aussi pour moy vos plus doux sentimens.

Tout cela ne troubloit point l'assemblée ; car le Démon alloit et venoit sans que personne y prît garde, et on ne laissoit pas de faire d'autres madrigaux. Certes j'appréhende, si je vous en fay le dénombrement, de rendre suspecte d'imposture, la plus iidelle histoire du monde, et il me prend quelquefois envie de m'escrier, non pas comme un des plus grands poètes de notre siècle * :

Héroïques exploits, guerres, paix, ambassades, Vos honneurs immortels veulent des Iliades, Seulement je vous nomme, et je crains que mes vers Ne passent que pour fable aux yeux de l'univers ;

mais bien comme un fort meschant poète que je suis :

Madrigaux redoublez, qui valiez- des balalades (sic). Qui vous ramasserait, feroit des Iliades, Seidement , je vous nomme et crains que tant de vers Ne passent que pour fable aux yeux de l'univers.

' « C'est M. de Gombaud, dans son Panégyrique pour le (•ardinal de Rirhelieii. « Conr.

LA lOrKNÉR DliS MAKKKJAliX. 33

Ciw entin, Acaiite qui estoit assis auprès de Télamire , commença à prononcer un madrigal en son honneur, implorant l'ayde de Polyandre (|iii ne manqua pas de repartir. Acante reprit en l'honneur de Philoxène et de Télamire, tout ensemble. Polyandre répondit- Acante répliqua, et Polyandre fit une seconde réponse, si bien qu'il se Hl comme une espèce de dialogue entre eux , de cette sorte :

0! divine Télamire

Que j'admire, Voua aurez donc de mex vers , Mais que Sai'aftin me preste Pour joindre avec mon cœur son esprit et sa tcsir Et iwstre nom célèbre ira par V univers.

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