I.A JOl'KNKK I)|-S MAIlKKiAlIX. lil
STANCES DE TRASILE
Sctpho,ie souffre un yrund nuirUjre :
Je ne sçay pourquoi je soupire.
Peut-estre que je suis jaloux ; las illustres amis ont fait niiistre ma peine. L'éclat de leur vertu met mon nme à la, qesne.
Et pourtant je les aijme tous.
Que la gloire soit leur partage,
Que le peuple le plus sauvage
Admire ce qu'ils ont escrit, Qu'au bout de l'univers leur nom se fasse entendre. Mais qu'ils passent chemin sans arrester à Tendre ;
far i' enragerais de dépit.
Mais quo]j ! je suis bien téméraire :
fis .<içavent le secret de plaire.
Ils pourvoient me faire leçon, On n'en voidpeucomme eux dans le siècle où nous souunes: \'nus 1rs devez aijmer, ce sont tous de grands luiunnes:
Moi je ne suis qu'un boa yar<;oii .
Faites justice à leur mérite,
Ma part doit cstre plus petite,
Mais ce n'est pas en amitié; Faites aussi. Sapho (car vous pouvez- tout faire). Qu'une admirable fille et sa charmante mère
Veuillent me souffrir par pitié.
52 l.A JOUKINKI' liKS MMlKI(;.\l'X.
Ffélaa ! s» mon reapert encore
Hi^toit aoiiffert de Cléodore.
Rien n'esgnlleroit mon bon-heur:
De toutes les vertus , c'est le parfait modellc. ' En tremblant , dans ces vers , j'ose vous parler d'elle :
Je ne sçay quoy trouble mon rœnr.
La redoutable DoraUse
Encore quelle me méprise
Serait Reyne si j'estois lioy:
Sa fierté me ravit et son cœur héroïque ; Mais, plaise aux immortels que sa sœur Angélique
Soit plus charitable pour moy.
Enfin certaine ardeur me presse
De passer et Tendre, et Tendresse;
Mais peut-estre aussi que j'ay tort; Ainsi la vanité nous porte jusqu'aux nues , Et souvent pour chercher des terres inconnues
On n'arrive jamais a.u port.
MADRIGAL DE TRASILE
A PHILOXÈNE
Faire des madrigaux jusqu'à vingt d'une haleine. Les faire bien, sur-le-champ, et sans peine.
Certes, je le dy tout de bon.
On ne te peut , divine Philoxène ,
Sans avoir en poche un démon .
Ces gens sont dangereux, chassez-les, je vous prie,
LA JOL'KNÉE OKS MADKKIAIX . 53
Et n'entendez point raillerie; Car enfin, vray-semblablement.
Ils sçavent pour l'Amour un charme inévitable : Se seroient-ils donnez au diable Pour faire des vers seulement ?
MADRIOAL DE TRASILE
A TÉLAMIRE.
Ces grands-esprits que l'on admire Faisoient des madrigaux sans fin, Mo\j, je regardois Télamire; Qui de nous estoit le plus fin ?
AUTRE