‹ La journée des MadrigauxChapitre 7 sur 53 · MADRIGAL DE POLYANDRE A MELIANTE · texte numérisé non relu

MADRIGAL DE POLYANDRE A MELIANTE

sous LE NOM DE TIRCIS.

Vous qu'on ne peut trop estimer.

Quoi ! vous ne pouvez pas rimer ?

Vous qui faisiez des vers en haste.

Mais (les vers pleins de feu , de grâces et d'dtlrailx . Tircis, revenez au Marais.

Le fauxbourg Saint- Germain vous yasle.

Méliante, abandonnant alors le madrigal commencé, en fit un autre pour demander du secours, protestant que si on ne luy prestoit quelques vers, il s'attribuëroit tous ceux qu'on venoit de faire, à l'exemple d'un certain hlondin duquel on avoit parlé , qui sans se distiller le cerveau , et sans prendre trop de peine, faisait les plus jolies chansons du monde, trois mois après que Polyandre les avoit faites.

Il L'stoil aller loger au raut)ourg Sainl-Germain. Cotït .

MADRIGAL DE MÉLIANTE.

Mon madrigal est au billon^, Fameux auteurs, plaignez mon adventure ; Prestez~m'en un, ou bien, je vous le jure,

Pour me venger de cette injure.

Je ferai comme Papillon'^.

Il ne laissa pas, toutefois, d'achever un peu après son premier madrigal sans ayde ; mai» il ne le prononça point de dépit, car encore qu'il ne fût pas mauvais, il ne lui sembla pas aussi bon que l'autre qui luy coustoit beaucoup moins.

MADRIGAL DE MÉLIANTE

A THEODAMAS,

Sur le cacbei de chryslal qu'il avait donné à Philoxène.

Recevez d'un pauvre malade Réduit à bouillon et panade , Pour vostre cachet de chryslal

Ce chétif madrigal ; Que s'il répond fort mal au vostre.

Je ne puis faire mieux et savez-^ous pourquoy ? J'ay peine à donner à qaelqu'auire Ce que je voudrois bien pour moy.

* Pour : de peu de prix.

2 Lisez Pavillon : le blondin dont, il a été parlé ne peut être Marc de Papillon, poêle de la cour d'Henri III, mort vers 1600. Il s'agit évidemment d'Etienne Pavillon, le disciple affadi de Voiture.

Cependant, l'incomparable Sapho, qui sembloit ne devoir que juger des coups, y donner le prix avec le reste des dames, sentit je ne sçay quelle émotion dans son courage, qui ne luy permit pas d'en demeurer là, et descendant du théâtre pour se mesler parmy les combattans, leur fit bientost voir que sy elle n'eust pas mieux aymé distribuer les couronnes, il n'y en avoit point qu'elle ne pût faiblement remporter, car en moins de rien elle escrivit ce madrigal.

Page 1