ANT-PROPOS
i document inédit que l'on va lire, et <[ni provienl de la même source + r . qnr la Jomunts dbs Madrigaux '. est >*v -v. une page curieuse à joindre à la fameuse description du « pais de Tendre » . introduit.- dan- le roman deClélie. « La Vierge du Marais, » comme dit Puretière, s'était contentée de i réer UIl inonde, laissant ii d'antres le soin de le peupler. Cette lacune esl comblée par la Gazbtti db Tendre, qui . divisée en presque
autant de gazettes qu'il v a de relais dans le
pays, anime chacun d'eus el sème les routes d'illustres voyageurs plus ou moins pressés d'atteindre le but. Quel e>t l'auteur de ces nou-
IMoi n irt,l. V, in.fol., p 1*7-18
*>X IVAHT-FROPOS.
\ elles à la main? Grosse question . que nous n'essayerons pas de résoudre. G'esl , en tout ras. du babillage à plume courante, du phébus fii négligé.
Nous avons cru devoir, pour l'intelligence du récit , le faire précéder de l'itinéraire tracé par M11"' de Scudéry, et que quelques lecteurs peu vent avoir oublie :
« La première \ille, située au bas de la carte, est Nouvelle-Amitié. Comme on peut avoir de la tendresse par bois causes différentes, ou par une grande estime, ou par reconnaissance, ou par inclination, on y a établi trois villes de Tendre sur trois rivières qui portent trois noms, Si on a fait aussi trois routes différentes pour \ aller. Si bien que. comme on dit Cumes sur la nier d'Ionie et Cumes sur l.i mer Tbyrrène, on ii't aussi Ti'iiilre-sur-liiclination. Tendre-sur Estime et Tendr&4ur-Qeconnaistance. Cependant coiiimi- Clélie a présupposé que la tendresse qui naist par inclination n'a besoin de rien autre chose pour estre ce qu'elle est, elle n'a mis nul village le long des bords de cette rivière, qui va m \i>ir. qu'on n'a que faire de logemenl le long de ses ii\es pour aller de Nouvelle-Amitié s Tendre. Mais pour aller à Tendre-êW-Eêtimt il n'enesl pas de mesme : car Clélie a ingénieuse inenl mis autant de villages qu'il \ a de petites
r\ de grandes choses qui peuvent contribuer a taire naistrti par estime cette tendresse dont elle entend parler. En effet; \<>us voyez que de
\inn-rllr- \mitiétm passe à un lien qu'on appelle
Grand-Eiprit, parée que l 'est ce qui commence
ordinairement l'estime; Hnsuite VOUS voyez ces
agréables vidages deJoMS-fert, de /iillet-Ga-
hinl et de liillet-lïon.r. qui sont les opérations les plus ordinaires du grand esprit dans les romniencenients d'une amitié. Ensuite, pour faire un plus grand progrès dans cette route, vous voyez Sincérité. Grand-Cœur, Probité. Générosité. Respect. Exactitude, et Honte qui est tout (outre Tendre. Après cela il tant retourner a Nouvelle Amitié- potir voir par quelle route on va de là a Tcnilrc-s)ir-Reconnaissance. \ oyea donc, je \<>u> prie, i ommenl il faut allei d'abord de Nouvelle-Amitié a Complaisance. Ensuite à ce petH village qui se nomme Soumission, et qui en touche un autre fort agréable, qui s'appelle l'etits-Soins. De là il faut passeï par Assiduité, età un autre village qui s'appelle
Empressement, puis à Grands-Services, et pour
marquer qu'il \ a peu de gens qui en rendent
de t «■!> . ce village est plus petit que les autres Ensuite il faul passera Sensibilité. Après il faut,
pour arriver à l'ciidn passeï pai 'tendresse.
Ensuite il tant allei à Obéissance, el pour arri-
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ver enfin où l'on veut aller, il faut passer a Constante-Amitié, qui est , sans doute , le chemin le plus sûr pour arriver à Tendre-sur- Reconnaissance. .Mais comme il n'y a pas de chemin où l'on ne puisse s'égarer, Clélie a t'ait que si ceux qui vont à Nouoelle-A initié preuoient un peu plus à droite ou un peu plus à gauche, ils s'égareraient aussi. Car. si, au partir de Grand-Esprit, on alloil à Négligence; qu'ensuite, continuant cet égarement, on allast à Inégalité, de là à Tiédeur, a Légèreté et à ()ul>li. au lieu de se trouver à Totdre-sur-lïslime, on se trouverait au lac d'Indifférence, qui. par Bes eaux tranquilles , représente sans doute fort juste la chose donl il porte le nom en cel endroit. De l'autre côté, si, au partir <\c Nouvelle-Amitié, on prenoit un peu trop à gauche, et qu'on allasl a Indiscrétion, a Perfidie . à Orgueil, à Médisante OU à Méchanceté, au lieu (!<■ se trouver a
Tendre-sur- Reconnaissance. on s»- trouveroil à la mer d'Inimitié . où tous les vaisseaux l'ont naufrage. La rivière d' Inclination se jette dans une mer qu'on appelle la Mer-Dangereuse ; et ensuite, au delà de cette mer. c*es1 i se que nous appelons Terres inconnues, parte qu'en effet nous ne Bçavons point ce qu'il y a '. »>
1 </,/,, . Mit, de i i i i p i'i'.i-toi
o INT-PROPÔS. (il
M11'- de Soudéry attachai le plus grand prix a cette ingénieuse création : aussi fut-elle saisie d'une profonde indignation, lorsqu'elle vil paraître la Relation du Royaume de Coqueterie de cfAubignac1. Bile cria : Au voleur! pardessus les toits.
o Quel rapport, objecta l'abbé, entre ces deux ouvrages, pour être copiés l'un de l'autre? Dans toute la Cartedi Tendre on y voit quatre villes, trois rivières, deux mers, un lac et trente petits villages sur les diverses routes qu'on ypeuttenir, et si proches l'un dé l'autre, que les voyageurs n'ont pas seulement le loisir de se lasser. Dans le royaume de Coquetterie on ne \ oit point de rivière, on c'y parle de mer qu'en passant, il n\ a qu'une grande ville et les chemins ne sont point remplis de gistes. Cesl un pais où l'on doit aller vite, et faire de longues traites si l'on veut arriver à ses tins; et dans cette petite carte, qu'y trouve-tron de conforme en la moindre circonstance avec la place de Cajolerie, le tournoi i\vs Chars dorés, le combat des Belles Jupes.
' Cel outrage, imprimé pour la première fois, en 1659, parai -.uns le titre mirant, en i 66S N Histoire du
temps, ou la relation véritable dv royaume de Coqueterie. La Btsmtjue des illustres /Uoux du wsesmt royaume > i- assortis.
(V2 w wi-i'iuii'iis.
|a place du Rot, !<■ palais des Bonnes fortunes le bureau des incompensés . la borne des C'oquettes et la chapelle de Saint-Retour; le Tendre est un petit coin de terre dans le pays de lMrw- /?>'. sans aucune autre description que les lieux; et le royaume de Coquetterie est d'une vaste étendue, composé de tout ce qui peut rendre un État considérable, et réglé par toutes les maximes de la politique. Ce peuple a son roi, sa religion, ses lois, ses écoles, son trafic, ses jeux publics, ses magasins et ses différente conditions. »
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