‹ La journée du 14 juillet 1789Chapitre 36 sur 110 · INTRODUCTION CXLVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION CXLVII

partisan fanatique des parlements. Son aversion contre Maupeou et les nouveaux magistrats (i), était poussée à un point tel que, pendant tout le temps de l'exil de l'ancien parlement, de 1771 à 1774, il s'abstint d'assister aux séances de rentrée, malgré son goût plus que vif pour ces tournois oratoires (2).

L'âge ne calma pas les passions parlementaires de Hardy. Lors des démêlés de Brienne avec la magistrature, il suivit cette lutte avec le plus vif intérêt. Le 30 mai 1788, à propos de l'arrestation de Duval d'Épremesnil et de Goislard de Montsabert, il écrivait : « On ne pouvait lire sans répandre un torrent de larmes cet écrit aussi véridique qu'on le trouvait attendrissant et bien fait. On se sentait même ému tout à la fois de douleur, d'indignation et d'effroi (3). » Mais Hardy n'en était pas moins très attaché à la religion catholique, dont il remplissait scrupuleusement tous les devoirs; il méprisait même Voltaire (4). Il était aussi tout dévoué à son roi, dont il était le sujet soumis et respectueux, bien qu'il détestât la cour et ses coteries et qu'il eût le despotisme en horreur. Aussi ne se réjouissait-il qu'à demi de l'éclatante victoire remportée par le peuple le 14 juillet; car elle choquait ses in,stincts conservateurs de bon bourgeois, qui

(1) Le 14 février 1774 il note la mort d'un conseiller clerc au parlement Maupeou, frappé par la maladie « au milieu même du sanctuaire de la justice, qu'il avait trop souvent souillé par sa présence ». (II, 290.)

(2) Le 28 novembre 1774, il assista à la séance de rentrée de l'ancien parlement et à la fin de son compte rendu il ajouta cette remarque personnelle : « Je n'avais pu me résoudre à m'y trouver depuis la cruelle révolution de l'année 1771, qui m'avait empêché de consacrer mes loisirs, comme je l'avais fait jusqu'alors à satisfaire mon goût et mon penchant naturel pour la fréquentation du barreau. » (II, 462.)

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