AIR
Hélas! quand du Seigneur la grâce tulélaire A mes tremblantes mains confia ton berceau , J'avais à ton bonheur voué ma vie entière, O Rachel ! et c'est moi qui te livre au bourreau : J'erttends une voix qui me crie:
0 Préservez-moi de la mort quim'altend; « Je suis si jeune, et je tiens à la vie, « Mon père, épargnez votre enfant ! »
Ah! Rachel!... quand du Seigneur , etc.
CHOEUR , en dehors.
Au bûcher, les juifs, qu'ils périssent!
La mort est due à leurs forfaits !
ÉLÉAZAR
Quels cris de fureur retentissent ? [lais Vous demandez ma mort, chrétiens!... et moi j'al- Vous rendre mon seul bien , mon trésor ! non , ja- Dieu m'éclaire, Plus de plainte, [mais!
Fille chère , Vaine crainte
Près d'un père Est éteinte
Viens mourir; En mon cœur.
Et pardonne Saint délire,
Quand il donne Dieu m'inspire
La couronne Et j'expire
Du martyr. Vainqueur.
Elle est à nous, c'est notre enfant.
Et j'irais, en tremblant, pour elle Prolonger ses jours d'un instant.
Pour la déshériter de la vie éternelle.
Et du ciel qui l'attend !
Non, non, Dieu m'éclaire, etc.
(En ce moment Ruggiero et plusieurs gardes paraissent à la porte de la chambre du concile , et font signe à Eléaxar de les suivre.)
CHOEUR DU PEUPLE, CH dehoVS.
Au bûcher, les juifs, qu'ils périssent I etc.