‹ La kabbale (volume 2)Chapitre 149 sur 167 · ZendAvetta^tUi Vie ie Zoroaitre^p · texte numérisé non relu

ZendAvetta^tUi Vie ie Zoroaitre^p

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question de l'origine du mal, que jusque-là le judaïsme avait laissée dans l'ombre, et qui est pour ainsi dire le centre et le point de départ de la religion des Perses, ne devait^eUe pas agir puissamment sur limagination de ces hommes de TOrient, aecontumés à tout e]q[>liquer par une intervention divine, et à remonter, pour tous les problèmes pareils, jusqu'à Torigine des choses? On ne pourra pas dire qu'écrasés sous le poids de leur malheur, ils sont restés étrangers à ce qui se passait autour d'eux sur cette terre de l'exil ; l'Écriture elle-même nous les montre avec une sorte de com"-*' plaisance , élevés dans toutes les sciences , par consé^

ensuite avec eux aux plus hautes dignités de l'empire. Tel est préeisémeht le caractère de Daniel, de Zorobabei et de Méhémias dont les deux derniers jouent un rftle si actif dans la délivrance dd leurs frères. Ce n'est pas tout : outre les quarante-deux mille personnes qui retournèrent à Jérusalem, à la suite de Zorobabel, une seconde émigration, conduite par £sdras, eut lieu sous le règne d'ArtaxeroeLonguemain , environ soixantedix-sept ans après la première. Durant cet intervalle, la réforïne religieuse de Zoroastre avait eu le tem|>8 dé se répandre dans toutes les parties de l'empire babylonien et de j^ter dans les cisprits de profondes racifies.

i. Daniel, I, i« — Esdrat^ I, 2; 0, 1. — Jos^h. ArUiquiLt liv. XI, ch. 4 et 5.

Digiiized

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Enfin, de retour dans leur pays, les juifs demeurent toujours, jusqu'à la conquête d'Alexandre le Grand, les sujets des rois de Perse; et même après cet événement jusqu'à leur entière dispersion, ils semblent regarder comme une seconde patrie ces rives de VEnphrate, autrefois arrosées de leurs pleurs, quand leurs regards et leurs pensées se tournaient yen Jérusalem. Sous l'autorité à la fois civile et religieuse des chefs de la captivité (Hmh> "^H), s'élète la sjrnagogue de Bab^lone qui concourt avec celle de la Palestine à Torganisation définitive du judaïsme rabbinique ^ Sur tous les points du pays qui leur a donné asile, à Sora, à Pombéditah, à Neliardéa, ils fondent des écoles religieuses non moins florissantes que celles de la métropole. Parmi les docteurs sortis de leur sèin^ nous citerons milel le Babylonien, mort près de quarante ans avant Tavénement du Christ^ après avoir été le maître de ce Jocbanan ben Zachaï, qui joue un si grand rôle ' dans les histoiiws kabbalistiques rapportées précédemment. Ajoutons que ces mêmes écoles ont produit le Thalmud de Babylone, expression dernière et complète du judaïsme. Rien qu'à l'énumération de ces faits, on peut déjà prévoir que nulle autre nation* n'a exercé sur les Juifs une action plus intime que les Perses; que nulle puissance moralé n'îi dû pénétrer dans leur esprit

1. Jost, Histoire générale des Israélites^ liv. X, ch. 11 et 12. — Le môme, Histoire des^ hraélites depuis Us Macchabées^ t. iV, liv. XIV tout entier.

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plus fortement que le système religieux de Zoroastre avec son long cortège de traditions et de commentiûres. Mais le doute n'est plus possible aussitôt qu'on abandonne ces rapports purement extérieurs , pour comparer entre elles les idées qui représentent, chez les deux peuples, les résultats les plus élevés et les bases mêmes de leur civilisation respective. Cependant, afin qu'on ne puisse pas nous soupçonner àTavance de fonder sur des ressemblances isolées et purement fortuites Forigine que nous attribuons à la kabbale, nous allons, avant de montrer tous les élémeats de ce système dans \e 2end Afmla^ signaler en peu de mots et par quelques exemples linfluence de la religion des Perses sur le judaïsme en général. Loin d'être une' digression, cette partie de nos recherches ne sera pas la plus faible preuve de Topinion que nous voulo^ ^utenir, et Je me hâte d'ajouter que mon intention n'est pas de parler dés dogmes fondamentaux de 1* Ancien Testament: car, puisque Zoroastre lui-même en appeUe sans cesse à des traditions plus anciennes que lui, il n est pas nécessiaire, il. n est pas même permis, jen boiine critique, de regarder comme des emprunts faits à sa doctrine les six jours de la création^ si faciles à reconnaître dans les six Géhanbars le paradis ter-

' I . Le mot Ûâhanbars désigne à la fois les six époqoes de fil' création et les 'six fêtes destinées à les rappeler à la' mémoire des ÛÀëkig (Bf. BarDoof, CmmèritiOretufle Xài^a, p. 300). Pendant la première de ces époques, Ormiùd & créé le ciel ; pendaut la deuxièdie, il a îàt

restre et la ruse du démon qui, sous la forme du serpent, vint souffler la révolte dans l'âme de nos premiers parents ^, le châtiment terrible et la croissante déchéance de ces derniers , obligés , après avoir vécu comme les anges, de se nourrir, de se couvrir de la dépouille des animaux, d'arracher les métaux au sein de la terre, et d'inventer tous les arts par lesquels nous subsistons^; enfin^ le jugement .dernier avec les

reaa; pendant la troisième, la terré; pendant la quatrième, las végétaux; pendant la cinquième, les animaux; enfin, à la sixième,

est né rhomme (Anquetil Duperron, Zend Avesta, 1. 1, 2« part., p. 84). Ce système de la création était déjà enseigné avant Zoroastre, par un autre prophète mède ou chaldéeo, appelé Djernschid (Mquetii Puperron, Vie de Zoroastre^ p. 67). ' V

i. Onnuzd apprend lui-même à son serviteur Zoroastre que lui, Ormuzd', avait donné (ou créé) un lieu de délices et d*abondanoe, app^ Eerïmé Véeé^â, Ce lieu, plus beau que le monde'entier, était semblaA au Béfaèscht (le Paradis céleste). FiiisAliiimane fit naître, dans le fleuve qui arrosait cet endroit, la Grande Gouleum, mère de l'hiver {ZendAvesta Vendiéad, t. Il, p. 264). Ailleurs, c'est Ahrimane lui-même qui saute du ciel sur la terre, sous la forme d'une couleuvre. C'est lui encore qui séduit le premier homme Meschia et la première femme Meschiané. « Il courut sur leurs pensées, il renversa « leurs dispositions et leur dit : C'est Abrimane qui a donné Veau, la « terre, les arbres, les animaux. Ce fut ain^i gu^aa commencement, « Âhrimane les trompa, et, jusqu'à la fin, le cruel n^à cherché qu'à «t les séduire. Zéad Àvè»ta^ t. U^ p. S5i et 578). »

9. « Le Dew, qui ne ditqueie mensonge (Âhrimane), devenu pins « hardi, se présenta une seconde fois, et leur a])porta (au premier « couple) des fruits qu'ils mangèrent, et par là, de cent avantages a dont ils jouissaient, il ne leur en resta qu'un. » {Ib. supr.) Après cela, nos premiers parents, séduits une troisième fois, burent du lait. Â la quatrième fois, ils aUèrentà la chasse, mangèrent la viande des

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terreurs qui l^accompaguent, avec la résurrection des

morts en esprit et en chair*. Toutes ces croyances, on les trouve, il est vrai, dans le Bam^Deheick ^ et dans le Zmd Aveita , sous une forme non moins explicite que dans la Genèse; mais, nous le répétons avec une conviction parfaite, c'est beaucoup plus haut qu'il en faut chercher la source. Nous ne pouvons pas en dire • autant du judaïsme rabbinique , beaucoup plus moderne que la religion de Zoroastre : ici, comme nous allons nous en assurer, les traces du parsisme sont de ^ la demièrei évidence, et nous comprendrons sui:-lechamp quel jour peut en rejaillir sur Torigine de la

animaux qâ'ils venaient de tuer, et se firent des habits de lenis peaiiz : c*e8t le Seigneur faisant des tuniques de peau à Adam et à Ève. Ensuite ils découvrent le fer, se font une hache avec laquelle ils coupent des arbres pour se construire une tente ; enfin ils s'unissent charnel lenient, et leurs enfants héritent de leurs misères. (76. supr.)

1. Au jour de la résurrection, l'àme reparaîtra d'abord; elle reconnaîtra son corps; tous les hommes se reconnaîtront. Ils seront divisés en deux classes,' les justes et les darwands (les méchants). Les justes iront au Gototman (le paradis) ; les darwands seront de nouveau précipités dans le douâiUi (l*enfer). Pendant trois Jours, les premiers goûteront, ea corps et en âme, lés jouissances du paradis; les antres souffriront de la môme manière les peines de l'i^iifer. Bnsuite les morts seront purifiés, il n'y aura plus de méchants : « Tous « les hommes seront unis dans une môme œuvre. Dans ce temps- « là, Ormuzd , ayant achevé toutes les productions, ne fera plus c lien. Les morts ressuscites jouiront du même repos. » C'est ce qu^on pourrait appeler la septième époque de la création, ou le sablât des- Parses. {Zend Àvesta^ .t. n. p. 414)

2. Après le Zend Avesta, le BwM'Dehneh est le plus aiicien Ijivte religieux des Parses. [Zend Avesta^ t. III, p. 537)

kabbale, si nous noûs rappelons que les plas anciens

maîtres de cette science mystérieuse sont également comptés parmi les docteurs de la Miscbna et les pères * les plus vénérés de la synagogue.

Si, à côté des plus* sages maximes sur l'emploi de la vie, des idées les plus consolantes sur la miséricorde et la justice divine, on trouve souvent, dans le judaïsme, des traces de la plus sombre superstition, il faut surtout en chercher la causé dans lefiDroi qu'il inspire par sa démonologie. Telle est, en effet, la puissance qu'il abandonne aux esprits malfaisants (CPlWt 11121*1*)) que « rbcnnme, à tous les instants de son exiistence, peut se croire entouré de ces ennemis invisibles, non moins acharnés à la perte de son' corps qu'à celle de son âme. Il n'est pas encore né, que déjà ils l'attendent près de son berceau pour le disputer à Dieu et à la tendresse d'une mère; à peine a-t-il ouvert les yeux sur ce monde, qu'ils viennent assaillir sa tète de mille périls, et sa pensée de mille visions impures* Enfin, malheur à lui, s'il ne résiste pas toujours ! car, avant que la vie ait complètement abandonné son corps, ils viendront s'emparer de leur proie ^ Eh bien I dans toutes les idées de ce genre, il y a une similitude parfaite entre la.tra-

I. Pourtoutés ces tradition^ nous renvenbi^ à deux recueils très populaires; Tun, écrit en hébreu, est lé Chandelier hminmti) (niiao

lisnn) ; rautre, en jargon hcbraïco-teutonique , s'adresse particulièrement auK femmes, sous ce titre lastueux : Venez et Voyez (n^T^sr

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dition jnive et le Zend Ayesla. D'abord, d'après eè deiv nier monument, les démons ou les dews, ces enfants d'Ahrimane et des ténèbres/ ne sont pas moms nombreux que les créatures d'Ormuzd ; il y en a de plus de mille espèces, ils se présentent sons tontes les formes, ils parcourent la terre en tous sens pour répandre chez . les hommes la maladie et la faiblesse n Qnel est, àéh (c mande Zoroastre à Ormuzd, quel est le lieu où sont « les dews mftles, oti sont les dews femelles, où les (( dews courent en foule de cinquante côtés, de cent, de « mille, dé dix mille côtés, enfin de tous lés cfttés ' ?••• « Anéantissez les dews qui afEaiblissent les hommes et (f ceux qui produisent les maladies, qui enlèrent le (T cœur de Thomme, comme le vent emporte les nuées^.» Voici maintenant en quels termes le Thalmud s'exprimè sur le même sujet : « Aba Benjamin a dit : Aucune cr créature ne poorrait snbsisteor devant les espHts mal- « faisants, si Tceil avait la faculté de les voir*. Abaî ir ajoute : Ils sont plus nombreux qne nous et nous ence tourent comme ou voit un champ entouré d'une clôi< ture. Chacun de nous, dit notre maître Houna, en a « mille à sa gauche et dix mille à sa droite. Quand nous ce nous sentons pressés dans une foule, cela yient de « leur présence ; quand nos genoux fléchissent sous u notre corps, eux seuls en sont la cause ; quanid U nons

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^ \. Zend Av., t. II, pag. 235 ; t. III, pag. 158. 2. Vendidad sadé, t. II, du Zend, ad., p. 323, 5. Zend Av., U, pag. cU13.

364 JLA JUBBALE.

(g semble qu'on a brisé nos membres, c'est encore à

« euxqu'ii faut attribuer cette soufiraoïce ^» « Les dews, (f dit le Zend Àyesta, s'unissent l'un à l'autre et se refc produisent à la manière des hommes ^* » Mais ils se multiplient également par nos propres impuretés, par les actes honteux d'une débauche solitaire et les dérèglements même inyolontaires que provoque durant le sommeil un songe voluptueux Selon le Thalmud, il y a trois choses par lesquelles les démons ressemblent aux anges, et trois autres par lesquelles ils ressemblent aux hommes : comme les anges, ils lisent dans 1 avei^r^ portent des ailes et volent, en un instant, d'une extrémité à l'autre de la terre : mais ils mangent, ils boivent et se reproduisent à la manière des hommes *. De plua, ib ont tous pour ori^ne les rêves lascifs, qui troublaient les nuits de notre premier père, pendant les années qu'il a passées dans la solitude et aujourd hui encore, chez ses descendants, la même cause engendre les mêmes effets De là, chœ les Juifs

1. Traité Berachoth, fol, 6 recto. Un autre docteur va jusqu'à accuser les démons d'user par le frottement de leurs mains les vêtements des rabbins, inm n»mno, ihzi Ui^n »an, ife.

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