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l'un ressent ce que les autres éprouvent. Voilà pourquoi l'Écriture Sainte (3, Moïse, 18, 11) défendait d'évoquer les morts'.
Comme nos sens matériels ne peuvent percevoir que le cercle le plus bas, la sphère la plus inférieure du monde Asiah, il n'y a que le corps de l'homme qui soit visible pour nos yeux matériels, celui qui, même après la mort, reste dans le domaine du monde sensible; les sphères supérieures d'Asiah ne sont plus perceptibles pour nous, et de la même manière, le Habal de Garmin échappe déjà à notre perception; aussi le Sohar dit-il : « Si cela était permis à nos yeux, nous pourrions voir dans la nuit, quand vient le Schabbath, ou à la lune nouvelle ou aux jours de fêtes, les Diuknim (les spectres) se dresser dans les tombeaux pour louer et glorifier le Seigneur. »
Les sphères supérieures du monde Asiah servent de séjour à Nephesch, Le Ez-ha-Ckailm dépeint ce séjour comme le Gan-Eden inférieur-, « qui, dans le monde Asiah, s'étend au sud du pays Saint, au-dessus de l'Equateur «.
Le second principe de l'homme, Ruach, trouve dans le monde Jesirah un séjour approprié à son degré de spiritualité. Et comme Ruach constituant la personnalité propre de l'homme, est le support et le siège de la Volonté, c'est en lui que réside la force productive et créatrice de l'homme; aussi le monde Jesirah est-il, comme l'indique son nom hébreu, le mundns formationis, le monde de la formation.
Enfin Neschàmah répond au monde Briah que le Sohar nomme « le monde du trône divin », et qui renferme le plus haut degré de la spiritualité.
De même que Nephesch, Ruach et Neschàmah ne sont pas des formes d'existence complètement distinctes, mais qu'au contraire elles se déduisent progressivement l'une de l'autre en s'élevant en spirituahté, de même les sphères des différents mondes s'enchaînent l'une dans l'autre et s'élèvent depuis le cercle le plus profond, le plus matériel, du monde Asiah, qui est perceptible à nos sens, jusqu'aux puissances les plus élevées, les plus immatérielles du monde Briah. On voit par là clairement que, bien que Nephesch, Ruach et Neschàmah trouvent chacun son séjour dans le monde qui
\. Kl voilà pourquoi, entre autres raisons, la pratique du spiritisme est condamnable. [N . du Tr.)
2. Gan-Edeii signifie jardin de volupté. Dans le Talmud et dans la Qabalah, d'après le Cantique des Cantiques, 4, 13, il est aussi nommé Fardes, ou jardin de plaisir; d'où est venu le mot Paradis.
lui convient, ils n'en restent pas moins unis en un seul tout. C'est spécialement parles « Zelem » que ces rapports intimes des parties séparées sont rendus possibles.
Sous le nom de « Zelem » la Qabalab entend la figure, le vêlement sous lequel les divers principes de l'homme subsistent, par lequel ils opèrent. Nephesch, Ruach et Neschamah, même après que la mort a détruit leur enveloppe corporelle extérieure, conservent encore une certaine forme qui répond à l'apparence corporelle de l'homme originaire. Celte forme, au moyen de laquelle chaque partie persiste et opère dans son monde, n'est possible que par le Zelem; ainsi il est dit dans le psaume 39, 7 : « Ils sont donc comme dans le Zelem (le fantômej ».
D'après Loriah, le Zelem, par analogie avec toute la nature humaine, se partage en trois parties : une lumière intérieure spirituelle, et deux Makifim ou lumières enveloppantes. Chaque Zelem et ses Makifim répondent, dans leur nature, au caractère ou au degré de spiritualité de chacun des principes auxquels il appartient. C'est seulement par leurs Zelem qu'il est possible à Nephesch, à Ruach et à Neschamah de se manifester au dehors. C'est sur eux que repose toute l'existence corporelle de l'homme sur terre, car tout l'influx d'en haut sur les sentiments et les sens internes de l'homme se fait par l'intermédiaire de ces Zelem, susceptibles d'ailleurs d'être affaiblis ou renforcés.
Le processus de la mort se produit uniquement dans les divers Zelem, car Nephesch, Ruach et Neschamah ne sont pas modifiés par elle. Aussi la Qabalah dit-elle que trente jours avant la mort de l'homme, c'est d'abord dans Neschamah que les Makifim se retirent, pour disparaître ensuite, successivement, de Ruach et de Nephesch ; ce qu'il faut comprendre en ce sens qu'ils cessent alors d'opérer dans leui- force : cependant, à l'instant même oîi Ruach s'enfuit, ils se raccrochent, comme dit la Mischnalh Chasidim, au processus delà vie, « pour goûter le goût de la mort ». Toutefois, il faut regarderies Zelem comme des êtres purement magiques; c'est pourquoi le Zelem de Nephesch même ne peut agir directement dans le monde de notre perception sensible externe.
Ce qui s'offre à nous dans l'apparition de personnes mortes c'est, soit leur llabal de Carmin, soit la subtile matière aérienne ou éthérée du monde Asiah, dont se revêt le Zelem de Nephesch, pour se rendre perceptible à nos sens corporels.
Gela s'applique à toute espèce d'apparition, que ce soit celle d'un ange ou de l'âme d'un mort, ou d'un esprit inférieur. Ce n'est pas alors le Zelem lui-même que nous pouvons voir et percevoir par
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nos yeux ; ce n'en est qu'une image, qui, construite avec la « vapeur » subtile de notre monde extérieur, prend une forme susceptible de se redissoudre immédiatement.
Autant la vie des hommes sur la terre offre de variétés, autant est varié aussi leur sort dans les autres mondes: car, plus on a commis ici-bas d'infractions à la loi divine, plus il faut subir dans l'autre monde de châtiments et de purifications.
Le Sohar dit à ce sujet :
« La beauté du Zelem de l'homme pieux dépend des bonnes œuvres qu'il a accomplies ici-bas » ; et plus loin : « Le péché souille le Zelem de Nephesch. » — Loriah dit aussi : « Chez l'homme pieux, ces Zelem sont purs et clairs, chez le pécheur, ils sont troublés et sombres. » — C'est pourquoi chaque monde a, pour chacun des principes de l'homme, son G an- Ed en {Pur ndis), son Nahar Dinw' (fleuve de feu pour la purification de l'âme) et son Gei-Hinam *, lieu de torture pour le châtiment; de là aussi la doctrine chrétienne du ciel, du purgatoire et de l'enfer.
Notre intention n'est pas d'exposer ici la théorie de la Qabalah sur l'état de l'âme après la mort, et notamment sur les châtiments qu'elle subit. On en trouvera une exposition très claire dans l'œuvre célèbre du Dante, la Divine Comédie.
(Traduit du Sphinx, par Ch. Barlet.)