AVANT-PROPOS
La Kabylie de Collo n'avait pas, jusqu'en ces dernières années, attiré beaucoup les géologues et la bibliographie relative à ce pays est fort réduite, Sa topographie si tourmentée, ses immenses forêts de chêne-liège et de pin maritime — couverture désespérante et souvent impénétrable — et aussi l'apparente monotonie des terrains qui la constituent, pour qui ne se sent pas attiré vers les roches cristallines, en sont sans doute les causes.
C'est à M. Gaston Bérier, Chef du Service des Mines et Directeur du Service de la Carte Géologique de l'Algérie, que je dois mon orientation vers ce pays: en effet, en décembre 1930, alors que je venais en Afrique du Nord pour étudier les roches éruptives du Trias, c'est lui qui me proposa de remplacer le premier sujet choisi pour ma thèse par l'étude de la Kabylie de Collo. Il restait encore à lever dans le Nord du département de Constantine, de part et d'autre du Golfe de Philippeville, six feuilles de la carte géologique de l'Algérie au 1/50.000°; j'en acceptai volontiers la charge.
Primitivement, je désirais englober dans mon travail de thèse l’ensemble de ces six feuilles. Mais la grande quantité de matériaux recueillis sur le territoire des trois feuilles occidentales, le peu de temps dont je disposais annuellement pour faire les explorations sur le terrain en raison de mes fonctions d'enseignement — uniquement les vacances normales — et aussi quelque peu les circonstances m'ont contraint à scinder en deux mon premier programme.
A NM. Gaston Bérier, je dois beaucoup de choses; outre les moyens matériels mis très largement à ma disposition, tant sur le terrain que pour l'impression et la présentation matérielle de cet ouvrage, il a su me communiquer le goût pour ce pays si sauvage, et l’avouerai-je, un peu décevant dès l’abord. Au moment de mes premières tournées, M. Bérier venait d'achever les tracés des contours géologiques de la feuille d’Aïn Kechera qui borde, au Sud, la feuille de Collo. Nos nombreuses conversations, quelques courses faites en commun ont été pour moi la meilleure introduction à l'étude du pays situé plus au Nord. I à
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suivi d'un bout à l’autre, avec un intérêt non dissimulé, l'évolution de mon travail et m'a prodigué sans cesse les marques les plus vives de sa sympathie; aussi, est-ce pour moi un bien agréable devoir de lui exprimer en tête de cet ouvrage ma très profonde et très sincère reconnaissance.
Si, en Algérie, je recevais encouragements de toutes sortes, il en était de même à Paris. Tant au Laboratoire de Géologie de l'Ecole Normale Supérieure qu'au Laboratoire de Géologie structurale et appliquée de la Faculté des Sciences, mon maître, M. le Professeur Léon BerrranD, m'a chaque jour conseillé et aidé. Luimême très averti des exigences matérielles de la Pétrographie, il a su comprendre les besoins créés par mes recherches ;: dans ses deux laboratoires, pas un seul instant les moyens d'étude ne m'ont fait défaut. Au printemps 1934, enfin, il est venu voir sur place ce «bled » dont je lui avais si souvent parlé; ce fut pour moi, après tant d'autres, une preuve d'estime dont je le remercie. Ce travail porte l'empreinte de ses méthodes et de ses idées. Pour tout ce que j'ai reçu de lui depuis bientôt dix ans que je suis son élève et aussi pour la bienveillance presque paternelle qu'il me témoigne sans cesse, qu'il veuille bien trouver ici l'expression de ma grande reconnaissance et de mon attachement.
M. Léonce Jocraup, Professeur à la Sorbonne, a bien voulu me faire bénéficier de son expérience et de ses conseils et mettre à ma disposition sa profonde connaissance de la géologie du département de Constantine. J'ai tiré le plus grand profit de nos nombreuses conversations : son amabilité coutumière, sa grande obligeance ne m'ont jamais fait défaut. Je l'en remercie bien sincèrement.
Au Muséum National d'Histoire Naturelle, M. le Professeur Alfred Lacroix m'a largement ouvert son laboratoire. Grâce à son appui une subvention m'a été accordée, par la Caisse Nationale des Recherches Scientifiques, pour l'exécution d'analyses chimiques de roches. Il à bien voulu vérifier certaines de mes déterminalions pétrographiques et. en maintes circonstances, me donner de précieux conseils : enfin, 1l m'a communiqué et autorisé à publier dans ce mémoire plusieurs analyses de roches encore inédites. Pour tout cela, je lui exprime toute ma profonde gratitude.
A différentes reprises, M. Albert Micuec-Lévx, Professeur à la Sorbonne, m'a aimablement aidé pour des déterminations déli-
cates et conseillé pour la rédaction de ce mémoire. Je lui adresse tous mes remerciements.