‹ La Kabylie de ColloChapitre 112 sur 184 · MARCEL ROUBAULT · texte numérisé non relu

MARCEL ROUBAULT

dire, si ce n'est qu'ils se placent très bien dans les aires définies pour la Kabylie de Collo.

Estérel : Un groupement netest marqué autour du point (4 — 0,20, mg == 0,45), groupement non encore remarqué.

En définitive, les diagrammes de Niggli, soulignent d'abord l'étroite parenté qu’il y a entre le magma tertiaire de la Kabylie de Collo et les magmas de même âge des autres massifs éruptifs nord-africains. Ceci aurait sans doute pu être aussi bien déduit de l'examen des paramètres américains fait au chapitre précédent ; mais alors que ces paramètres avaient simplement révélé une lacune entre les roches acides et les roches basiques (p. 210), la méthode de Niggli a montré que les montagnes de la presqu'île du Cap Bougaroun recèlent un ensemble éruptif complet, sans solution de continuité avec ses fermes de différenciation ertrêmes, aplitique et lamprophyrique. Et, jusqu'à ce jour, il ne semble pas qu'un tel ensemble ait jamais été décrit en À frique du Nord,

Au point de vue des relations de la Kabylie de Collo avec les régions éruptives méditerranéennes extra-africaines, il apparait une parenté frappante avec l'Ile d'Elbe. Dans les deux cas, on est en présence d'un point d'isofalie situé de façon presque identique, des mêmes paramètres pour définir la roche principale :

en outre les diagrammes (k, mg) sont concordants. La similitude des paramètres américains vient ajouter encore un argument de plus et le tableau inférieur de Ja page 223 est assez caractéristique à cet égard.

L'Estérel, par contre, n'a pas conduit à un résultat aussi net. son point d'isofalie correspond à une valeur de si plus faible et surtout le diagramme (%, mg) est assez particulier. En dépit de ce que l'on aurait pu attendre étant donné la composition minéralogique du porphyre bleu, les relations de l'Estérel avec les autres mas=sifs tertiaires périméditerranéens sont done plus vagues.

Dans plusieurs notes auxquelles il a été déjà fait allusion [40 41, 42], M. A. Lacroix a mis en relief les caractères qui per, mettent de définir la province lithologique de l'Afrique du Nord.

Les considérations qui précèdent montrent que cette province n'est qu'une fraction d'une province lithologique beaucoup plus vaste puisque, par delà la Méditerranée, à 700 km. de la côte algérienne, nous voyons surgir à l'Ile d'Elbe des roches de même âge appartenant au même groupe calcoalealin et avant en tous points des caractères magmatiques identiques aux roches africaines. Le groupe de paramètre si == 200, al — fm = 30, ce — alk — 920, ki 0,45, my — 0,30 me paraît bien définir la roche principale

du magma commun aux divers massifs éruptifs de cette grande province.

Des comparaisons plus complètes d'analyses permettront peutêtre d'établir un jour une liaison avec les roches tertiaires alpines ; ce n'est encore qu'une hypothèse, mais l'identité chimique de certains échantillons de la Kabylie de Collo avec quelques échantil-

lons contemporains des Alpes italo-suisses montre que ce point mérite d'être précisé.

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