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Les affleurements éocènes du Sud

Dans son angle SE, la feuille de Collo englobe une fraction importante de la cuvette de Tamalous. Le Numidien s'étale sur les deux rives de l'Oued Guebli, plaqué en transgression sur le flanc méridional des montagnes de micaschistes et de gneiss granulitique (versant sud du Koudiat ed Dis (53-15) et du Djebel Guern Aïcha). À l'ouest des anciennes mines de Bir Beni Salah (45-13), le revêtement nummulitique atteint Dar Sarahoui et pousse deux digitations vers le nord, de part et d'autre du Koudiat Bou ez Zarour.

Ïl est pratiquement impossible de distinguer dans ce secteur les niveaux de ce complexe marno-gréseux ; le pays est largement ondulé, d'altitude moyenne faible, presque toujours dominé par les hauteurs de schistes cristallins. C’est sans doute à des dépressions de ce genre que M. L. Joleaud faisait allusion en écri-

vant |[33, p. 199] :

« Dans les cuvettes sub-littorales (sous-entendu de la région de Saint-Charles et de la Kabylie de Collo)! les argiles se développent sur une grande épaisseur aux dépens des grès, qui passent eux-mêmes à des sables argileux. »

Au nord de Bir Beni Salah, deux affleurements allongés et alignés suivant une direction méridienne Jalonnent, au travers des montagnes granulitiques, la continuité du Nummulitique de la cuvette de Tamalous avec celui de la cuvette d'EI Ouloud); les marnes e?, s'étalent en effet dans la vallée entre le Koudiat bou Madra /45,5-14,5) et le flanc occidental du Djebel Guern Aïcha, puis de la Zeriba Berouaka à la plaine alluviale de l'Oued Guergoura.

1. Cet auteur désigne sous l'expression « Kabylie de Collo » une région bien plus vaste que celle décrite dans ce mémoire et qui correspond à l’ensemble du pays habituellement dénommé Petite Kabylie. Voir p. 11,

Là LS

Au SW de la feuille « Collo » de la carte au 1/50.000€, une longue bande EW d'Éocène , dépendance de la dépression de l'Oued Asfora, au NE d'El Milia, s'accroche au revers sud de la crête granulitique Bou Debbane (24- 14,5) — Sidi el Hadj Ali (31-14). Des grès en bancs assez épais forment quelques escarpements aux bee de Taïoussem et de la Djemma bou Moussa ; dans les bas fonds (Chabet Guerbedj, Oued Zrifet) ce sont surtout des marnes grises et jaunes, parfois bleutées. Là encore la délimitation entre les deux niveaux est assez délicate et il est, le plus souvent, bien difficile de dire avec précision où s'arrête e° et où commence e*;.

À mi-distance entre le massif de Djezia et Taïoussem, à Sra di el Ansor (28-17,5), un important lambeau de grès et de marnes repose en transgression sur les schistes cristallins. Quelques autres fragments de Nummulitique apparaissent, en pleine forêt, toujours sur les micaschistes ou les gneiss, à Bou el Adam, Sra Mredja, Djemma di Tezzaï, ete. Ces divers lambeaux sont autant de témoins de la continuité primitive de la couverture éocène, entre le centre et le sud de la Kabylie de Collo.

LES SCHISTES CRISTALLINS

On peut distinguer, parmi les schistes cristallins de la Kabylie de Collo, trois types essentiels, schistes, gneiss et granulite gneissique.

Sous la dénomination de schistes, je groupe ici toutes les roches finement feuilletées, riches en mica, schistes satinés et graphiteux, schistes psammitiques, véritables micaschistes à biolite et muscovite, avec ou sans grenats, et même des roches d’apparence schisteuse, striées de fins lits de quartz et que le microscope révèle être de véritables mylonites. De façon constante, ces schistes contiennent des amandes et d'innombrables filonnets de quartz.

Les gneiss, typiquement à quartz, biotite etorthose, régulièrement stratifiés, sont de grain variable, plutôt gros ; très souvent ils sont œillés, l'orthose formant au milieu de la roche de grosses amygdales. Sous l'effet de l'écrasement les lits deviennent parfois très fins et pratiquement toutes ces roches sont atteintes par le dynamo-métamorphisme.

Par diminution progressive de la proportion de biotite et apparition de muscovite, on passe insensiblement du gneiss franc à la granulite gneissique. Cette granulite gneissique, gris très clair presque blanche, également allée et bien litée, est un des con-

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stituants essentiels de la zone cristallophyllienne de la Kabylie de Collo; à elle seule, elle forme des montagnes entières. Ses arènes blanches, riches en kaolin, éblouissantes au soleil, sont très caractéristiques ; c'est une véritable entité lithologique distincte.

La ligne de séparation entre les schistes et les gneiss est généralement peu nette ; dans de nombreux cas, il existe une zone de passage et, sur la carte, tout contour précis pour délimiter ces terrains serait alors une pure illusion 1,

À ces trois termes essentiels s'ajoutent d'autres roches, amphibolites, cipolins, etc., mais en proportion faible. Le tout est enfin recoupé par des filons de granulite ou de pegmatite à tourmaline qui, en certains secteurs, prennent une place prépondérante ; parfois, dans la forêt et les arènes, on ne peut faire le départ entre les granulites en filons et les granulites gneissiques en grande masse.

Schématiquement, ainsi que je l'ai indiqué au début de ce chapitre, les schistes cristallins occupent tout le sud de la feuille de Collo et de la feuille de l'Oued Zhour, exception faite des deux enclaves éocènes de Tamalous et de l'Oued Asfora et du granite des Beni Toufout. La limite nord des schistes cristallins, assez sinueuse dans le détail, se confond, grosso modo, avec le parallèle de l'embouchure de l'Oued Zhour Jusqu'au confluent de l'Oued Aflasane et de l'Oued Guergoura, puis oblique vers le NE,

suivant jusqu'à la mer (Djemma Sidi Ali Ben Zouit) le bord oriental des plaines alluviales de l'Oued Boutout (—= Oued Guergoura) et de l'Oued Guebli. A l'ensemble de ce pays, il faut ajouter le massif des Ouled Chabene et de Tahra el Alia, au nord de l'Oued Zhour, et une avancée triangulaire de la granulite gneissique vers la Zeriba Tameda, déjà signalée à propos de la délimitation de l'Eocène.

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