A. DESCRIPTION DES ROCHES
Les schistes cristallins (schistes satinés, micaschistes, gneiss, etc...) du Sud de la Kabylie de Collo forment un complexe assez toulfu, à l'intérieur duquel il n’est pas toujours très aisé d'établir des coupures. Certes, toute division absolue en matière de Pétrographie est arbitraire, puisqu'il existe toujours des termes de passage entre les types décrits dans les traités et que les compositions chimiques et minéralogiques peuvent présenter un nombre infini de proportions différentes. Dans le cas des roches métamorphiques étudiées ici, un facteur s'ajoute au facteur chimico-minéralogique, le facteur dynamique : beaucoup de roches y sont plus ou moins écrasées, plus ou moins comprimées.
Certains auteurs ont pris l’habitude, à la suite de Pierre TEr- MER, de nommer « mylonite » toute roche ayant subi des déformations mécaniques, présentant des cristaux brisés ou à extinctions roulantes. Dans cet ouvrage, l'appellation de mylomte est donnée uniquement aux roches dont l'écrasement a fait disparaître la structure et l'aspect initial; ce terme est pris ici dans le sens que lui réserve M. Alfred Lacroix. Ainsi, malgré l’existence d'extinctions roulantes, de texture en mortier ou de toute autre manifestation du broyage, j'ai conservé par exemple le nom de schiste ou de micaschiste à toute roche ayant, en masse, la structure nettement schisteuse et séparé de cette catégorie de roches, uniquement à quartz et mica, les échantillons broyés ou comprimés à un degré leur faisant perdre toute schistosité. En nommant mylonite toute roche montrant des signes de dynamométamorphisme, une proportion trop considérable de schistes cristallins aurait été appelée ainsi et cette dénomination eût perdu beaucoup de sa valeur par une excessive généralisation.