ROCHES A AMPHIBOLE
Gneiss amphiboliques et amphibolites.
Les roches amphiboliques sont rares dans la série des schistes cristallins de la Kabylie de Collo. Le nombre des échantillons récoltés est faible : certains même ont été trouvés dans le lit des oueds, à l'état de galets, sans qu'il me soit possible d'en déterminer la provenance exacte en raison de l’exiguité problable des affleurements et de l'extrême densité de la forêt !. Toutefois les bassins versants de ces oueds sont entièrement dans le domaine des schistes cristallins ; l'origine locale des galets est donc assurée.
La rareté des échantillons est, au moins partiellement, compensée par l'intérêt que présentent les roches, aux associations cristallines parfois extrêmement curieuses. Les types décrits sont les suivants :
Gneiss amphibolique à hornblende et biotite, Amphibolite feldspathique,
Amphibolite feldspathique à épidote et zoïsite, Amphibolite à zoïsite et grenat,
Actinote,
Amplhibolite à actinote et pyroxène.
a) Gneiss amphibolique à hornblende et biotite. — À la Djemma Bonia, à 5 km.auS de l'embouchure de l'Oued Zhour, existe un affleurement de gneiss amphibolique très broyé, à stratification des cristaux apparente en masse, mais invisible en plaque mince. Cette roche est constituée par du quartz en menus fragments, des plagioclases (labrador à 43 °/, d'anorthite), de la biotite dissociée et en partie chloritisée, de la hornblende verte. Comme minéraux accessoires, il faut mentionner du sphène en cristaux assez nombreux (pointements caractéristiques), de la magnétile, des traces d'apatite et de zircon.
Un gneiss amphibolique analogue est interstratifié dans la granulite gneissique, près de la Zeriba Hart (à 2 km. au S de Souk el Arba de l’'Oued Zhour). La stratification des éléments est fine
1. La photographie si suggestive de la planche T, est précisément faite dans le secteur SW de la feuille de Collo dont proviennent les galets en question.
sur l'échantillon, indistincete sur les sections ; la roche est riche en éléments ferromagnésiens (hornblende verte) (PI. XXXIX, ph. 2). Un galet de l’'Oued di Bou Nahar, recueilli au pied de la Zeriba Bou Nahar, m'a fourni un très bon échantillon de gneiss amphibolique à biotite. C'est une roche gris foncé presque noir, finement cristallisée et à éléments très bien alignés. Aucune orientation des minéraux n'apparait en lame mince, leur répartition est homogène. On y observe du quartz, des plagioclases (andésine-labrador à 38°/, d'anorthite), de la biotite, de la hornblende verte peu colorée. La roche est broyée, les cristaux déchiquetés et toute remarque sur l’ordre de cristallisation est incertaine ; comme nous l'avons constamment vu jusqu'ici, le quartz est le minéral le plus atteint par le dynamométamorphisme et présente de nombreuses extinctions roulantes (PL-XXXIX, ph. 3). Les minéraux accessoires sont la magnétite, le zircon et l’apatite. Sur le bord de l’Oued di Dardara, au N de la feuille d’Aïn Kechera (1 km. W de la maison forestière de Naïra) (30,5-11) existe une roche gris sombre, finement grenue, dont les relations avec le reste de la série métamorphique sont douteuses par suite de la présence d'Éocène transgressif qui masque les raccords ; je la rattache done à l’ensemble des schistes cristallins en faisant les plus extrêmes réserves !, C’est une diorite quartzifère dont les minéraux sont remarquablement frais et bien développés; on y observe du quartz granitique avec extinctions roulantes, des plagioclases (andésine-labrador à 35-38 0/, d’anortite), de la biotite, de la hornblende verte, puis, comme minéraux accessoires, de la magnétite, du zircon, de l’apatite
(PI. XXXIX, ph. 1).
b) Amphibolite feldspathique. — L'amphibolite feldspathique se rencontre dans la forêt de Demnia, aux environs de la limite entre gneiss et micaschistes, à 1 km. au S de la Zeriba Sra Kraoua. En masse, elle à l'aspect d’un véritable schiste. La hornblende verte, fortement colorée et pléochroïque, constitue à elle seule presque toute la roche ; les intervalles entre les plages allongées de ce minéral sont remplis par de petites sections de plagioclase (labrador à 40 °/, d'anorthite), un peu de sphène, de zoïsite et d’épidote. Fait remarquable, les cristaux de hornblende sont très bien orientés et ce, sans trace de déformations mécaniques (PI. XXXIX, ph. #4).
L'analyse de cette roche a donné les résultats suivants :
1. Je ne connais, en aucun point de la région, de roche tertiaire iden tique.
84 MARCEL ROUBAULT