Paramètres américains
2. Celle comparaison est parement pétrogeaohique et n'implique bien entendu aucune similitude d'âge.
« pencher la balance » en faveur d’une origine sédimentaire. Enfin, il est intéressant de remarquer que le poids spécifique de ce schiste éocène est 2,79, très voisin de celui du micaschiste (2,74), ces deux valeurs étant nettement supérieures à la valeur moyenne de la densité des granulites gneissiques qui ne dépasse Jamais 2,66 dans le cas des échantillons examinés.
2° Granulite gneissique ét gneiss. — Les conclusions des études micrographiques et chimiques sont très nettes : d’une
LA
FiG. 12, — Comparaison des triangles de Michel-Lévy d'un calcschiste non métamorphisé (1) ! et de l'amphibolite feldspathique à épidole et zoïsite de la forêt de Demnia (2).
Échelle : 0,125 mm. par mol.
part la ferfure gneissique n'existe que dans les roches broyées, cette texture devenant manifestement granitique ou granulitique dès que disparaît toute trace d'écrasement, d'autre part ces roches ont tous les caractères chimiques des roches éruptives acides (paramètres américains, position dans le triangle S A1F). Dans le triangle Al C AIk quelques points sont légèrement en dehors de la limite fixée par Osann, de façon d’ailleurs purement statistique ; je ne pense pas qu'il faille retenir ce détail en raison de l’iden-
1. Composition du calcschiste dont l'analyse a été utilisée pour établirles triangles 1 : Si02?-43,20. A120%-12,80. Fe?03-1,20. FeO-3,30. MgO-2,01. CaO-17,40. Na?0-0,54. K20-1,87. TiO2-0,60. P205-0,20. P 1100-0,75. PF-3,14. CO?-12,91. Total-99,92 (Origine : Cheraïa).
108 MARCEL ROUBAULT
tité vraiment frappante qui existe entre les compositions chimiques «brutes » des gneiss et granulites gneissiques et celles de roches éruptives typiques.
Compte tenu du très grand nombre d'échantillons examinés en lame mince, échantillons provenant des points les plus variés du massif, et de l'étude critique serrée des chitfres donnés par l'analyse, je crois done pouvoir conclure que les granulites gneissiques et gneiss du Sud de la Kabylie de Collo ne sont pas des roches métamorphiques dont la composition et la constitution minéralogiques impliquent des transformations chimiques à partir de la roche originelle, mais des roches éruptives écrasées ; le gneiss n’est pas un véritable gneïss, c’est un épigranite. Cect montre combien les apparences massives de certaines roches métamorphiques peuvent être trompeuses puisque, maintes fois, sur le terrain j'ai observé de véritables bancs et mesuré des plongements de granulite gneissique.
3° Amphibolites. — Aucune conclusion décisive : ce sont des roches hypercalciques, litées, sans écrasement. Dans le répertoire de Washington, il n'existe pas de roches éruptives ayant des paramètres analogues; les triangles d'Osann donnent des résultats contradictoires, d'ailleurs sans signification puisque, en particulier, l'emploi du triangle Al C AIk est inopérant pour les roches très riches en chaux {le point représentatif d’un cipolin serait évidemment en GC, nettement dans la zone ortho) Les rares observations sur le terrain manquent de précision et ne fournissent aucun argument nouveau. Personnellement, je crois à une origine sédimentaire ; la figure 12 qui montre les ressemblances du diagramme de Michel-Lévy de l’amphibolite à épidote et zoïsite de la forêt de Demnia et d'un marno-caleaire vient à l'appui de cette thèse. Mais, pour aussi vraisemblable que cette idée me paraisse, ce n’est là qu'une supposition.
D.-L'AGÉ DES SCHISTES"CRISTALLINS DUSED
Dans la « Description géologique générale de la Kabylie de Collo », j'ai éerit (p. 30) que la série métamorphique du sud de ce pays était anté-nummulitique, puisque les assises du flysch numidien reposent en transgression sur cette série et que dans le conglomérat de base de l'Eocène figurent de nombreux galets de schistes ou de gneiss ; c’est la seule certitude stratigraphique à
laquelle conduit l'étude du secteur auquel je me suis limité dans cet ouvrage. L'état de cristallinité des roches d'origine sédimenlire appartenant au complexe cristallophyllien ôte tout espoir d'y jamais découvrir de fossiles. :
Ces schistes cristallins ne sont qu'une partie arbitrairement découpée dans l'ensemble de la Petite Kabylie et de l'Edough qui constituent l'Atlas Tellien sur environ 180 km. de longueur, de Djidjelli à Bône. F. Ehrmann [15] a trouvé chez les Beni Afeur, tout à fait à l'extrémité occidentale de cet ensemble, quelques niveaux fossilifères primaires ; Jusqu'à ce jour on ne possède pas d'autre document stratigraphique.
Des recherches encore à leurs débuts |] entreprises dans des régions où ces schistes viennent en contact avec des terrains datés d'âge secondaire (Massif du Moul el Demamène, près d'El Milia — Djebel Filfila, près de Philippeville) diront peut-être si cet âge primaire doit être étendu à tout le pays cristallophyllien ou restreint seulement à une de ses parties. Si l’on admet, comme je crois l'avoir établi, qu'une partie très importante des gneiss est d'origine ortho, le problème de l’âge du complexe métamorphique doit être scindé en deux éléments, détermination de l'âge des sédiments dont la transformation a conduit aux formations para métamorphiques et détermination de l'âge de l'importante montée granito-granulitique dont proviennent Les orthogneiss.
D'ores et déjà il apparaît que la résolution de ce problème sera compliquée par l'étude de phénomènes tectoniques dont tout nous fait prévoir la très grande importance.
Il. LES GNEISS | ET SERPENTINES DU NORD
Ainsi que je l’ai déjà montré dans le chapitre consacré à la mise en place des grandes unités géologiques, une partie importante du NE de la presqu'ile du Cap Bougaroun est occupée par des roches cristallines ou cristallophylliennes anté-nummulitiques, gneiss et serpentines. La séparation entre l'étude de ces roches et l'étude des schistes cristallins du Sud s'impose immédiatement pour les serpentines ; elle s'impose aussi après examen pour les formalions gneissiques septentrionales qui constituent une entité lithologique distincte dont il n'existe guère l'équivalent nulle part dans le Sud.