‹ La Kabylie de ColloChapitre 6 sur 184 · CONSTANTINE · texte numérisé non relu

CONSTANTINE

F1G. 1. — Carte du Nord du Département de Constantine. (En hachures, la région étudiée dans cet ouvrage)

géographique distincte; elle fait intimement partie de la Petite Kabylie, vaste chaîne côtière qui constitue l'Atlas tellien, du méridien du Cap Cavallo à celui de Philippeville, sur plus de 120 km. de longueur (fig. 1).

1. Hormis quelques vagues allusions dans des ouvrages généraux, la bibliographie géographique relative à ce pays est pratiquement réduite, à ma connaissance, à un seul article dû à un Administrateur de la Commune mixte de Collo, E. Dourré [8]. Cet article détaillé est essentiellement la description d'un itinéraire de Tamalous à El Milia par Collo, Cheraïa el Bessombourg ; écrit surtout au point de vue de la géographie humaine, il est très incomplet quant à la description de l’orographie générale du pays.

12 MARCEL ROUBAULT

Toutefois, elle présente la particularité d’être, de toute la Bt Kabylie, le secteur le plus accidenté et le plus entamé par l’érosion. Entièrement bordée par la mer vers le nord, elle forme une masse imposante, aux falaises abruptes et sauvages, aux $0mmets élevés voisins ou supérieurs à 1.000 m.; symétrique du

Massif de l'Edough par rapport à Philippeville. Et ainsi, la pres-

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FiG. 2. — Graphique des pluies à Bessombourg, éta-

bli d'après les chutes de la décade 1923-1932. Moyenne annuelle : 1.764 mm. ; altitude du pluviomètre : 548 m.'!.

qu'ile du Cap Bougaroun, promontoire au contour grossièrement semi-cireulaire, au moins sur les cartes à grande échelle, regarde vers l’est, par delà la vaste échancrure du Golfe de Stora, sa sœur la presqu'île du Cap de Fer. Vers l'ouest, par contre, la côle, quasi rectiligne jusqu'à Djidjelli, ne subit que les sinuosités de la région du Cap Cavallo avant de s'incurver pour former le Golfe de Bougie.

Ainsi placée, avancée majestueuse de la côte algérienne, la Kabylie de Collo est une barrière naturelle aux nuages. Vers l’ouest, en particulier, —et les vents d'ouest sont les vents domi-

4. Graphique établi d'après les chiffres aimablement communiqués par M. Léon Vacassy.

nants — rien ne les arrête avant elle. La conséquence est la, inévitable : moyenne de pluie annuelle de 1 m. 50 (fig. 2) avec un maximum de plus de 2 m. au Djebel Goufi, le point le plus « mouillé » de toute l'Afrique du Nord. A la pluie s'ajoute la chaleur méditerranéenne et 1l n'en faut pas plus pour provoquer l'établissement d'une forêt magnifique et dense. Il n'y a pas ici place pour un exposé détaillé sur le chêne-liège, le chêne zeen ou le pin maritime ; que l’on sache toutefois que la forêt des environs de Collo et de Bessombourg constitue le boisement le plus serré de l'AIgérie, un des plus beaux de l'Afrique du Nord. Au surplus, le tableau ci-dessous ! et la photographie de la planche I, «paysage typique de la Kabylie de Collo », ainsi que je l'ai écrit dans la légende, sont parfaitement significatifs. Sur les autres paysages photographiés, on voit moins la forêt et d’aucuns seraient peutêtre tentés de me taxer d'exagération; pour éliminer toute équivoque, il faut simplement remarquer que tous les autres clichés sont pris sur la côte, dans les fonds de vallées alluviales ou dans les dépressions éocènes du Douar Beni-Zid et des abords immédiats de Collo, seuls points qui, sauf les tranchées de protection contre l'incendie et les sentiers, ne soient pas recouverts par les arbres etle maquis. Ces quelques précisions justifient, je crois, les allusions faites dans la préface à la couverture végétale de ce pays.

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