‹ La lâegende d'un peupleChapitre 60 sur 67 · LA CAPRICIEUSE · texte numérisé non relu

LA CAPRICIEUSE

Je ne suis pas très vieux; pourtant j'ai souvenance Du jour où notre (Icuve, après ua siècle entier, Pour la première fois vit un vaisseau de France Mirer dans ses flots clairs son étendard altier.

Ce jour-là, de nos bords — bonheur trop éphémère Montait un cri de joie immense et triomphant : C'était l'enfant perdu qui retrouvait sa mère ; C'était la mère en pleurs embrassant son enfant 1

La France nous avait laissés grandir loin d'elle, Nous léguant son nom seul avec son souvenir; Et le pauvre orphelin, à tous les deux fidèle, N'avait su, dans son cœur, qu'absoudre et que bénir.

11 avait tout gardé, ses antiques franchises, Et son culte et sa langue, et — peuple adolescent Montrait avec orgueil ses libertés conquises, A côté de ses droits scellés avec son sang.

Ce beau jour fut pour nous presque la délivrance; L'embrassement fut long; on pleurait à genoux; Car, si nous étions fiers de notre belle France, Notre France, elle aussi, pouvait l'être de nous !

Saintes émotions ! — quand villes et banlieues Illuminaient leurs tours, pavoisaient leurs maisons, Au loin, sur un rayon de plus de trente Heues,. On voyait accourir, de tous les horizons.

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