SCÈNE V
AUGUSTE 3 continuant.
Elle était là (bis) Son humble et modeste chaumière,
Elle était là (bis) Celle qui me fut toujours chère , Dont l'amitié me consola , A qui je dois ma vie entière ,
Elle était là(4/ôw).
Je m'y perds. Je reconnais pourtant bien la maison du notaire à gauche. Voilà celle du médecin à droite;
( 76) C'était à cette place, au milieu, que se trouvait, il y » cinq ans , la chaumière de Denise.... et maintenant c'est une maison. Ah ! je crains de le deviner } Denise , irritée de mon silence, aura quitté le pays.... elle se sera mariée.... Mariée!.... Il y a des momens où je le voudrais; car, enfin, que pourrais -je maintenant lui offrir? Entrons toujours. J'aperçois là -bas une vieille femme qui pourra m'indiquer la demeure de Denise. Pauvre Auguste !
denisé , ouvrant la fenêtre du cabinet du rez-de-chaussée. Ce nom-là me poursuit partout....
Elle accorde sa guitare.
AUGUSTE
De la musique.... Ah!1 j'étais bien sûre que cette pauvre Denise n'était plus ici.
dewise, dans le pavillon.
Air : // reviendra demain matin (de Mme Martainville).
Aux tourmens d'une longue absence Chaque jour ne fait qu'ajouter ; De sa vie et de sa constance Me faudra-t-il toujours douter ?
De la raison la voix sévère Me crie en vain : Il t'oublîra ; L'Amour tout bas me dit : Espère, Attends encore, il reviendra.
AUGUSTE
Quelle voix! — Non.... non, c'est impossible.
DENISE
Un an dans cette solitude Vivant avec mes souvenirs , J'ai par le travail et l'étude Rempli mes innocens loisirs.
Je me disais : C'est pour lui plaire Que Denise apprend tout cela ',
Et l'Amour me disait : Espère; Apprends encore; il reviendra.
AUGUSTE
Dieu! c'est elle Sa voix me fait un plaisir et un
mal.... Eloignons-nous. Partons.... et demain une lettre de moi, en lui révélant ma position, lui rendra la liberté.