‹ La lampe obscureChapitre 13 sur 32 · DIALOGUE · texte numérisé non relu

DIALOGUE

À timore nocturno. PsauME 90.

’AI dit :

D « Jésus fils de Marie,

S’il est possible, écarte de moi le calice

De ces mots balbutiés de l’autre côté du sommeil,

De ces mots pleins de larves et couverts de mouches,

De ces mots que des cadavres passent de main en main à des cadavres.

Jésus fils de Marie,

N’exige plus de moi ces litanies qui font saigner les lèvres,

Ces formules qui disent si mal ce que j'ai à te

dire,

ROSE MYSTIQUE Ces prières et leur bourdonnement

Qui fait tourner l’écureuil de l’âme en sa cage.

Jésus fils de Dieu,

Je suis las, je suis las jusqu’à la mort

De ces fils d’Adam qui se disent mes frères,

Je suis las de ta créature dérisoire,

De ces bouffons lugubres pris dans le tourbillon de la grande chorée,

De ces déments micromanes,

De ces ombres qui ont perdu leur proie dans les ruelles de leur cœur.

Jésus fils de Dieu,

Refais à l’envers le geste de la Création, Fais que l’homme n'ait jamais existé,

Et rends au néant ce qui appartient au Néant.

Jésus fils de l'Homme,

Affranchis-moi

De ce monde hébété qui me fixe avec son regard de somnambule,

De ce monde qui n’en finit plus d’agoniser,

CRT

De ce monde qui n’est plus que le no man's Loi du Ge Hinnom,

Jésus fils de l'Homme,

Dis le mot qui recrée le Chaos,

Eteins ce soleil raboteur d’horizons,

Ce soleil plus harassé qu’un cheval de manège,

Kteins ces astres têtus et leurs stupides signaux de détresse,

Âveugle toutes ces voies de lumière

Et fais jaillir sur le spleen cosmique la douce cataracte de la Nuit. »

J’attendais la réponse

Dans ce jlot de leitres anonymes

Que le facteur disiribuait aux terrasses de l’Univers,

Quand tout soudain se retournant,

Je vis r Passant lointain

Qui me faisait non de la main.

HIC HABITABO

A rue étroite au pied des maisons mornes Où s’attardent la nuit à son aise

À Et les amants déjà oubliés du monde Retirés en eùx-mêmes.

J'habite ici. Les toits font le gros dos Sous le poids des cheminées

À travers mes fenêtres insomnieuses

Et le ciel me condescend une aumône.

Mais au-delà mes familiers Usés de patience,

Ayant percé les murs,

Je vois ma place retenue.

Sn + + 0) DUR

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