FONCTIONNEMENT DE L ALPHABET
Les détails de l'établissement de l'ali)haJjft une fois exposés, il sied maintenant de montrer son fonctionnement.
On vient de voir qu'un alphabet peut être considéré à trois points de \uv : 1° au point de vue émissif ; 2° au point de vue irraphique ; et 3", [lar une extension nouvelle : au point de vue grammatical.
Je renverse l'ordre de ces termes, les explicatif ms concernant les deux dernières considérations étant fort courtes. En effet :
% A. — Point de vue grammatical.
Toutes les notions C(jncernant cette conception de certains signes de lalphabet (1) ont été énumérées précédemment ( F. p. 287-290».
On a vu au livre premier (F. p. 51 et 60) et l'on retrouvera à la <iU.\MMAiuE les explications concernant la Règle de VU et la Règle de la Marguei ite, spéciales toutes deux à la Li^inQue IHene.
^ U. — Point de vue graphique.
11 ne m'appartient pas de faire ici un historique de la représentation des idées par les siirnes.
L'histoire de l'emploi de la transformation première de dessins d'après nature en caractères hiéroiilyphiques, eux-mêmes modifiés peu à peu en notations de sonorités conventionnelles, si intéressante qu'elle [juisseêtre, ne fait pas partie de l'étude entreprise dans cet ouvrage (2).
Dans la création d'un laniiage international pratique, il faut uniquement rechercher quelle est la méthode la plus raj^ide pour transcrinles sons, à la({uelle a abouti le travail des siècles précédents.
(1) Le Chinoi.s uffic un exemple curieux de cette applicaliuii grammaticale : il j'-mplace le point final de la phrase par un son-signe : une sorte d'y.
(2) Erd.\n : « Touic l'ciiture a commencé par être idéogiapiiique; 1<' second yge lui ronii)loi du s.vmliole, car l'hiéroglyplie était néjà une signification. »
iX'oir également : VAIiihrtlict P/u'nlrirri. — i.i'-.vv-nixc.)
:X»i I-A LANCL'K BLKUE
11 laiU tuui dabord climincr les simies « sténograj)liique:? » qui ne sont que des ligures abréviatives de sonorités ^\ llal)ifiu<'s et qui ne représentent pas chaque lettre séparément.
H est évident et ceci a été démontré « qu'un siiçne ne doit être représentatif qu»- d'un son » d'après la 1"^ Règle-Base du li.
Dix-neuf lettres ont été adoptées ; chacune <loit avoir sa représentation propre.
Pour le irraphisme intégral du futur langage international, l'alphabet latin (avec adjonction du tcJicrf russe, signe: t|i sera forcément choisi connnc beaucoup plus ré])andu que l'alphabet gothique des Allemands ili et surtout parce qu'il est d'uneécriture plus aisée et plus rapide «-t ({ue la liaison des lettres entre elles s'y faitccmimodément.
Le graphisme de la Longue Bleue devra être d'une rigueur très iirande, puisque nous sonunes en ]»résence d'une langue scripturale eommune qui ne peut pas admettre de signes fantaisistes.
Si arbitraire que puisse sembler cette formuli-, la leprésentation des Sons ne doit comi)Orter aucune variété.
<)n trouvera au tableau de l'alphabet (page 27ii les graphismes iidoptés pour chaque lettre.
En observant ces signes, on constatera qu'il est })0ssible décrire «•haque mot cm entier sans « lever la plume » ; il en résultera un gain de tenqiS très appréciable.
EnciTet, on sait déjà qu'il n'y auia d'accents trrammaticaux — accents aigu, grave, circonflexe, — d'aucune espèce en B-
Sont également supprimés tous signes tels que : en français, tréma, apostrophe (puisqu'il n'y a pas d'élision en Bj» cédille, trait d\inion (ce dernier par l'emjjloi de l'outil ui; ou, en d'autres langues : tilde (espagnol», umlaut I allemand I, formé par deux points sur les voyelles, et Vapostrophe, signe du possessif langlais).
Bien mieux encore, il est inutile en B ^^ barrer les i et même de mettre les points sur les i, puistjue la lettre c qui prête à confusion avec Vi n'existe pas dans l'alphabet de la Langue Bleue.
Les fantaisies calligraphiques individuelles seront donc interdites; il n'y a qu'une manière d'écrire, chacun doit s'y conformer (2).
(1) Beaucoup de savauls alloiiiands préconisent remploi des caractères latins. .Scm.EiciiER : « Je crois que les caractères pjlhiijues poui-raient être remplacés j)ar
les caractèi-cs latins. »
(2) C'est pourquoi on ne devra pas, par exemple, écrire le T majuscule comme un F sans bari-e (^usa^re existant en .Angleterre et en Allemagne).
De plus au point de vue ^rrammatical, les lettres majuscules ne sont employées '|ue pour des noms jn-opres contrairement à l'usage allemand; cette restriction es! naturelle.
SrHLF.ieiiER : « Je ne vois pas la raison pour laquelli' on se seil d'une grande lettre initiale au commencement des substantifs. »
LA LAXGIE BLEUE 305
Pour cette raison, j'ai nioi-mème abandonné Fidée d'und final spécial ([iii eût pu caractériser irraphiquenient tous les qualificatifs, — (en B : <(ttributifs (V. p. 206).
11 ne reste donc plus qu'à déterminer les signes de ponctuation qui seront gardés dans la Langue Bleue.
Ce seront comme dans toutes les langues et avec les mêmes attributions : la viryule i,i; le point (/>; le point et virgule i;;; les deux points (:).
Les points de suspension (...) qui seront peu usités, puisqu'il sera prescrit de supprimer le plus possible tout sous-entendu iV. Syntaxe).
Le tiret ( — ) qui sert dans un dialogue à indiquer le changement d'interlocuteur.
Les guillemets (« ») qui se mettent à la tète et à la lin des citations.
Lix parenthèse qui consist • en deux crochets ( ) entre lesquels on renferme les propositions ou les mots qui ne font pas corps avec le reste de la phrase.
Enfin, encore qu'ils puissent se supprimer sans. grand inconvénient, vu les règles du B (^j) j*^ garde les deux signes suivants :
Le point d'interrogation (?) et le point d'exclamation {\).
Un seul nouveau signe orthographique est créé : le petit h'ai^ placé sous la première lettre d'une phrase \V. p. 143), pour indiquer d'une manière précise que la majuscule initiale appartient à un nom propre. Cette précaution est nécessaire, pour distinguer si le mot en question est un nom propre ou non.
En effet, les lettres majuscules seront employées seulement :
1° Au commencement des phrases (soit au commencement du discours, soit après un point final);
2'^ Dans les noms propres; et il faut remarquer ici que la majuscule subsiste à la même place si le nom est à l'état formel (Ex. : uParisaii, la Parisienne).
De plus, si l'on veut signaler un mot à l'attention d'un correspondant, je conseille de le souligner d'un trait et même de deux traits lorsque l'écrivain désire lui donner une importance spéciale.
Enfin, le symbole de l'abréviation est un trait traversant la ligne.
En prenant le mot « exemple » comme exemple, voici son abréviation : ex / (2).
(1) Eu effet, le point d'interrogation est presque inutile, puisque, pour qu'il y ait interrogation dans une phrase, il faut que le mot-cadre « du » caractéristique de l'inicrrogation s'y trouve inclus. De même pour l'interjection qui est indiquée ou par l'aspect même des interjections (v ou vv) ou par le personnel au vocatif (vc).
Ces deux signes ortliographi(iues ne sont donc nécessaires ([u'après un nom seul. Or, cette signification est généralement comprise d'après le sens même des phrases ou la position du nom.
(2) C'est à peu près le signe abréviatif usité dans les inscriptions cunéiformes.
;i(W LA LANGUE BLEUE
§ C. — Point de vue émissif.
L'étude de rémission des lettres et de leurs groui)cuients est de ki plus haute importance. C'est sur ce point que porte la plus grave des objections (|ue l'on puisse diriger contre la possibUitc d'existence pratique d'un langage international.
11 est, dit-on, impossible d'obtenir de peuples dilïérents une prononciation unique et identi({ue d'un idiome artificiel; les liabitudes de prononciations particulières à chaque peuple auraient pour effet inéluctable de déformer rapidement le « langage commun » et de le scinder en dialectes divers, inintelligibles à leurs adeptes respectifs.
Voici l'objection dans toute sa rigueur :
OiiÉAKU : « Anivàl-ou par mimcle à composer unalpliabot «jui, pour un jour, mil (l'accord l'Ocnture et la prononciation, dés le lendemain elles vai-ieraient, non seulement de pays à pays, mais de ville à ville, de i|uartier à (juarlier, d'iiomme à homme et dans le même homme selon l'âge, la santé et Ihumeur. »
Il est hors de doute ([ue si un idiome international exigeait une prononciation qui, théoriquement, dût rester constamment parfaite, il serait utopique de tenter une pareille création.
On peut même ajouter encore qu'en théorie, il n'existe pas deux êtres humains qui j)arlent exactement de même.
ScHLEiciiKK : •' \ài manière de jiarlcr des hommes qui parlent une st'ulc vittiéint; langue est également toujours plus nu ninins fortement manjuéu d'une nuaneeindividuell»-. »
La conclusion « par l'absurde » de ce raisonnement serait l'inqjossibilité pour deux hommes de se comprendre..., si l'on ne veut pas admettre une certaine « latitude de i)rononciation ».
Fort heureusement, la réalité démontre l'erreur de cette théorie: mal- •rré les nuances inhérentes à leur parler individuel, suivant leur nature ou leur résidence, deux cents millions d'Anglais ue se comprennentils pas ?
Tant que ces nuances de prononciation restent infinitésimales, elles ne constituent pas un plus grand obstacle à la compréhension (|ue certains défauts physiques de prononciation qui, eux aussi, ])euvent devenir ]»arfois une sorte de barrière à la compréhension (1).
(1) .'^ ces nuances deviennent plus fortes, elles rendent la comi)réhension de plus en plus diftlcile: ainsi l'allemand parlé par les Bâlois du peui)le me fut incompi-éhensible par suit*,- de ma connaissance imparfaite de la langue allemande.
LA LANULI-: BLEUI-: 307
.Si, poux* lia Parisien irautrefuis, le irrasseyeaifut des muscadins était tout aussi intelligible que peut l'être, pour un de nos contemporains, le chuintement de l'auvergnat ou l'accent marseillais, ces prononciations défectueuses doivent au contraire, pour un étranger, être des obstacles invincibles à la compréhension de ces diverses manières de parler.
On peut dire qu'il y a « autour o de cha({ue mot une sorte de « cercle de latitude de prononcvition ■> qui en permet la compréhension malgré une mutilation partielle.
Dans la création de la Langue Bleue, clierciiant à ('-liminer les sources d'erreurs dans la prononciation des mots, je me suis Ijasé sur cette latitude de déformation constatée dans la pratique.
Il est évident qu'il subsistera toujours des nuances de langage entre les diiïérents peuples adeptes de la Langue Bleue; mais les soins apportés au choix des matériaux du langage permettront, je res])ère. aux divers individus de nations dissemblables de converser entre eux, malgré la légère dilTérence de prononciation qui se produira fatalement; de même qu'aujourd'hui leurs accents de terroir n'emjièchent pas u,ii Parisien, un Marseillais et un Auvergnatde s'entendre.
Et comme le but suprême d'un langage international est précisément de créer cette faculté de communication, j'aurai résolu ce problème d'entente si, malgré certaines altérations dans l'émission d'un même signe, inhérentesàla naturedes hommes, la CL>mpréhension peut s'établir.
Pour éviter ces confusions dans le langage, il a fallu procéder à la suppression de tous les sons nationaux .
Contrairement à tous les inventeurs de langues artificielles qui, imperturbablement, créaient de nouvelles lettres ou de nouvelles sonorités et compliquaient à plaisir leur travail en essayant d'imposer aux diverses nations l'emploi de sons que leur nature même les empêchait parfois d'émettre, j'ai éliminé tout phonétisme qui ne pouvait être prononcé aisément par les races anglo-saxonnes et latines d'une manièi-e uniforme; aussi l'alphabet B ne possédera-t-il que 10 lettres.
J'ai supprimé également les sons similaires inutiles qui encombrent les alphabets des langues vivantes.
J'ai essayé enfin, en établissant certaines consonnes doubles bien définies, d'éliminer les causes d'erreurs provenant des incertitudes ou des confusions de prononciation.
Dans cette opération de « clarification » du langage, la précision recherchée ne saurait évidemment être parfaite, puisque nous avons vu que deux hommes quelconques, fussent-ils d'un mêm«^ l'^^ys, ne parlent jamais d'une façon absolument identi<iue.
Mais, grâce aux éliminations successives ci-dessus étudiées, les erreurs de prononciation, qui ne mancpieront jias encore de se produire,
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resteront dans ce « cercle de latitude » qui existe actuellement dans rémission des vocables de chaque lanaue.
Je sais d'avance que les allemands prononceront trop fortement les consonnes douces b, g, v; et que, chez eux, l'expression des mots contenant ces lettres en B aura une tendance à la prononciation dure : P, h, f.
Je sais que les espagnols conl'ondront quelque peu le h avec \c v ; qu'ils seront enclins à apposer devant les noms commençant par une double consonne un e d'apj)ui, de même que le peuple de Paris dit « cstatue » pour « statue » (1).
Je sais. que les français et les anglais ne prononceront i)as assez fortement les s mcdiaux.
Mais je crois fermement que toutes ces nuances de prononciation n'empêcheront pas la compréhension et que mon lanuage international, grâce aux règles sévères promulguées et au choix soigneusement établi des sonorités, devra être facilement entendu par tous les peuples de races anglo-saxonne et latine : ce qui dans la pratique est le seul idéal réalisable pour un lanyage commun.
Accent tonique.
Pour terminer ce chapitre, il reste à élucider la question de IVtccen^ tonique.
Il existe en efîetde nombreuses causes de diversité dans renonciation des mots, lors même (pie le son des lettres les composant est théoriquement fixé.
D'Olivet : « L'iicceiit uraluiiv est suscei)liljlf d'uin' iiifijiilé dv municrs (|iii ne coûtent rien à la nature et (juc l'oreille saisit, mais que l'art ne saurait denièler... On interroge, on répond, on raconte, on fait un reproche, on (pierelle, on se plaint. il y a pour tout cela des tons ditîorents. ><
S. Facke . « Il faut entendre par le mot titnbre cette ciieonslaiicc du tun qui fait que nous distinguons la voix d'un homme de celle d'un autiv. »
Ces citations démontrent la difliculté de lu solution à trouver dans l'application d'une règle de tonalité à un langage international.
Il faut reinar pier tout d'abord la diminution de riiiq)ortance du « ton » au fur et à mesure de l'évolution des langues (2).
On connaît l'exemple classique, cité par Max Mlller, de la syllabe
(1) Cette d(.'rniére défectuosité ne serait, du rente, pas grave, ituiscpie cette \>vonoucialion augmenterait simplement la valeur de graduatio)i du mot, sans influer sur son sens mèihe. [Voir liéijlc de la Mari/uerlte.)
(2) V. Bauduy: « Plus les hommes sont barbares et adonnés à la vie de l'instinct, plus leur langage est chantant. »
LA LANGUE BLELE '^M
annamite ba répétée cinq l'ois avec intonation différente : ('a, ba, ba, ba, ba, qui signifie : « trois dames ont souffleté le favori d'un prince ».
Ces différences de tonalité dans les langues modernes ne conservent d'importance que dans les phrases interrogatives, bien que l'accentuation portée sur un des mots de la phrase donne dans les langues anglosaxonnes une importance plus grande au sens de ce mot (1).
11 est évident que dans un langage neutre artificiel tous les mots d'une phrase doivent être prononcés avec une égale intonation, afin de faciliter la compréhension.
Etant donné que les phrases interrogatives sont celles- qui font le plus varier la tonalité, on auro remarqué, pour remédier à cette nécessité des langues vivantes, la création du mot-cadre du en B : pai' sa seule présence, ce mot indique qu'il y a interrogation et évite ainsi tout changement obligatoire de ton.
Toutes les autres phrases peuvent, dans les langues vivantes, s'exprimer au besoin sur un ton uniforme, le sens de leurs mots en indiquant suffisamment l'intention.
Il en sera de même en B; il faudra donc prononcer tous les mots d'une manière uniforme ; en outre, afin de lesbien distinguer entre eux, il convient de laisser une pause entre chaque mot i2).
Une telle élocution est certainement peu harmonieuse et interdit toute idée de rythme poétique; mais on sait que la Langue Bleue auni- (|uement pour but de « se faire comprendre a et non de scander quelque couplet mélodieux.
L'émission de chaque vocable pris dans son entier étant établie, il importe de s'occuper maintenant de l'accentuation des diverses syiiabes d'un mot.
On peut se rappeler, en premier lieu, que le B contient un nombre l'onsidérable de monosyllabes, pour lesquelles aucune règle n'est nécessaire.
Pour les mots de deux ou plusieurs syllabes, j'ai longtemps hésité avant de déterminer la syllabe sur laquelle devrait porter Vaccent tonique. Théoriquement la racine devrait garder cet accent ; pratiquement une loi indiquant qu'à l'exemple du français l'accent tonique porterait sur la dernière syllaiîe eût été plus facile à retenir.
Mais, il est prouvé que, dès l'instant où un accent tonique s'établit, la syllabe accentuée devient prédominante dans le mot et que les autres syllabes viennent à disparaître peu à peu.
il) Exemple : La plirase allemande « ich habe es gethan », j'ai fait cela; suivant ([u'on appuie sur l'un uu l'autre de ces mots, le sens varie quelque peu.
(2) HovELACQUE : « Pour oi)tenir un timbre littéral, écartez toute accentuation et prononcez les mots froidement, sèchement comme dans l'épellation, en un mot, les svllabes et les mots à la suitt; l'im de l'autre sans observer s'ils ont uu sens. »
.!|(i LA LANCLH BLEUH
Or, la Lnnijuc Bleur ayant la ]>iétention d'être « un interprt-to immuable », il fallait forcément en arriver ù décréter rAn.SEX< e d\tcccnt tonique.
Par conséquent, la rt-irlc est : que toutes les syllabes se prononceront a\ec une intonation éirale.
Cette uniformité d'intonation a permis à certains idiomes de subsister « inaltérés ». J'espère, par ce moyen, doter de la même vertu la Langue Bleue, dans l'espoir d<'lui voir atti-ihuoi- la (jualification suivante des lunirues sémitiques :
Kenan : « Il n<^ s'airil pas du langues viTinoiiliiis, i>h les lailir-aiix, fati;,ni(''s pai' lin loiijr usago, <»nt in-iilii |)resquo toute eiiii>ieinte comme di-s monnaies sans cCfigi"-. il s'agit de lani/uei (l'acier restées exemi)tes de toute altération. »
Les règles <i' iccentuation du B seront les suivantes :
Il )j'i/ a pas l' icrent toni<iuc; pas pln^ sur un des mots iVunc phrase, (jue sur une s^l' 'he d'un mot.
Les mots so.ii, énoncés succ^ssicemnit avec une légère pauLse entre chaque mot; et une plus fimnde pau w à In fin de chaqie phrase.
Ce « martellement à des mots sera assez difficile à émettre tout d'abord, mais l'application de ce système ren<lrala compi-ébcnsion plus aisée.
Je sais à l'avance «{ueces prescriptions, non ))lus<pie la ])rononciation uniforme, ne pourront être riiroureusement suivies; mais les infractions apportées à ces règles n'empêcheront pas une « entente » connnune <'ntre des personnes appartenant à des nations dilTérentes, ee qui, en l'espèce, est le jxiint essentiel.
Je résume le fonetionnementde l'alphabet :
Prononciation hF.s mots isolés. — Par suite des règles de structure du B et de la stricte émission de tous les signes représentatifs des mots ; grâce à l'unique sonorité attribuée à chaque voyelle; à la prohibition des sons mouillés, des émissions nasales; à l'interdiction de tf»utes diphtongues; à la sélection des consonnes doui)les initiales et finales, et à la suppression de l'accent tonique, la j)roportion des malentendus produits par les diverses articulations des mots est fortement diminuée et eirconscrite à un rercle de latitude de prononciation dont les émissions vicieuses n'empêcheront pas la compréhension.
Prononciation ui-s mots oans i,a I'Iirase. — Par suite de l'emploi de certains mots-cadres et de la construction rigide du langage; grâce au « scindement » de chaque mot « ponctué » dans la phrase, la même entente devra être obteime dans rémissirm d<'S propositions.