Equitation
On est redevable des premiers ouvrages sur l'équitation et l'escrime aux Napolitains, passés maîtres au xvi' siècle dans la matière, et dont l'enseignement développa et perfectionna considérablement ces deux arts (3). L'expression à la vieille escrime (1. II, ch. xxix) est prise en opposition avec la nouvelle méthode propagée par les Italiens, autrement compliquée et subtile que Vescremie du Moyen Age, celle-ci au sens exclusivement militaire, de combat ou escarmouche (4).
Plus profonde encore fut leur action sur tout ce qui touche à
(Leroux de Lincy, Chants historiques, t. II, p. 276) : Un corporau fait ses préparatifs Pour se trouver des derniers à la guerre...
(i) Cf. t. V, p. 3o6 : « Pour quant aux chefs qui leur commandoient^ ilz ne s'appelloient parmy nous que capitaines simplement : car le nom de couronnel ny de maistre de camp n'estoit point encor né en France ».
« Couronnel, celui qui est le principal chef de l'infanterie est dict que, tout ainsi qu'une couUonne est ferme, stable et sur laquelle on peut assoir ou l'on assoit quelque grande pesanteur et l'appuyé on fermement, aussy celuy principal qui commande à l'infanterie, doit estre ferme, stable et principal appuy de tous les soldatz, soit pour les commander, soit pour les soubstenir, comme une bonne, belle et puissante coulonne, à laquelle tous les soldats doivent tendre et viser, et s'y soubstenir et s'affermir ».
(2) Sous la forme ansepessade, le nom se lit chez d'Aubigné, et Henri Estienne en parle longuement dans sa Prccellence .
(3) Le dernier ouvrage de ce genre, au xvie siècle, est celui de P'ederigo Grisone, Arte di cavaicare, Napoli, i55o, in-4». C'est par l'intermédiaire de ce genre d'ouvrages que des hispanismes comme ala^jan tostado, alezan brûlé, ont passé chez Rabelais (1. I, ch. xn).
(4) Voy., à ce sujet, Jusscrand, Les Sports et Jeux d'exercices dans l'ancienne France^ p. 346 et 355.
ART MILITAIRE o»
l'équitation. Rabelais, dans le ch. xxiii de son Gargantua, expose avec force détails cet enseignement nouveau dans 1' « art de chevalerie », sous la direction de l'écuyer Gymnaste, un des maîtres de Gargantua. L'élève y fait des progrès étonnants (i).
De là une nomenclature abondante touchant le cheval et les évolutions équestres, dans laquelle les termes de l'Antiquité alternent avec ceux de l'Italie. Les chevaux desultoircs de Gargantua (souvenir de Pline) sur lesquels il avait « apprins à saulter hastivement d'un cheval sus l'autre sans prendre terre » voisinent avec son habileté à voltiger (1. I, ch. xii), ce dernier terme venant en droite ligne des maîtres de la nouvelle école de chevalerie ; de même popijcCr y figure à côté de fanfarer, ainsi défini par Nicot : « C'est proprement quand ceulx qui veulent jouster, se monstrent en la lice avec trompettes et clairons ».