VII. — Ressources comparatives
Dante, Shakespeare, Goethe sont des génies compréhensifs apparentés à Rabelais. Leurs oeuvres, comme celle de Rabelais, représentent autant d'époques dans l'évolution de l'esprit humain : la Divine Comédie, le Moyen Age ; le théâtre shakespearien, la Renaissance anglaise; l'œuvre encyclopédique de Gœthe, les temps modernes. Mais, sous le rapport de la variété des sujets et de l'immensité du vocabulaire, c'est Shakespeare qui approche le plus de Rabelais. Aussi a t-il été depuis un siècle l'objet de nombreuses monographies.
Une synthèse à la portée du grand public a été tentée récemment sous le titre : « Shakespeare" s England. An account of the Life and iManners of his âge, London, 1916, 2 vol. ». Retenons-en quelques notes bibliographiques :
i'^ Marine : \V. B. Whall, Shakespeare's Sea terms explained, London, 1910.
2" Histoire naturelle: Animais, by C. T. Onions. — Plants, by Sir Will. Thiseltoa Dyer.
30 Folklore: F.-T. Dyer, Folklore of Shakespeare, i883, et A. Nutt, The fairy Mythology of Shakespeare, 1900.
40 Musique : Naylor, Shakespeare and music, 1896.
Une autre série de monographies se trouve dans 1' « Annuaire de la Société shakespearienne allemande » :
50 Médecine : Sigismund, Die medicintschen Kentnisse Shakesveare's{\.. XVIàXVIIL i88i-i8S3).
6° Parémiologie : J. Wahl, Das parômiologische Sprachgut bei Shakespeare (t. XX à XXIII, 1887-1888).
Ajoutons la dissertation instructive de H. R. D. Anders, Shakespeare's Books (Berlin, 1904), sur les lectures du génial dramaturge et sur les sources immédiates de ses œuvres.
De nos grands écrivains, c'est l'œuvre de Molière qui pourrait offrir le plus de rapprochements sous le rapport de la médecine, du droit, de la musique, des superstitions, de la parémiologie, des serments et jurons. Quant à sa langue, non moins instructive sous ce rapport, il suffira de renvoyer à l'excellent Lexique de Molière (1897) par Ch. Livet, qui y a mis largement à profit les lexicographes et les auteurs du temps.