‹ La langue de Rabelais (volume 2)Chapitre 72 sur 254 · Textes comparatifs · texte numérisé non relu

Textes comparatifs

Les écrivains qui ont adopté au xvi* siècle des termes du terroir sont peu nombreux : Du Fail pour la Bretagne, d'Aubigné et Palissy pour la Saintonge, les deux Bouchet pour le Poitou; Montaigne, Monluc et Brantôme pour la Gascogne, etc.

Nous tiendrons compte, à l'occasion, de ces divers témoignages contemporains et, en les rapprochant des autres ressources que nous venons de passer en revue, nous essayerons d'embrasser pour la première fois dans leur ensemble les vocables régionaux de Rabelais.

En suivant l'itinéraire de ses déplacements à travers la France, nous nous arrêterons avec plus ou moins de complaisance dans chaque région, selon la durée de son séjour et l'importance de sa cueillette dialectale.

Après une halte à Paris où Rabelais a passé une bonne partie de sa vie, nous ferons une première étape en Bretagne et en Normandie, dont les marins et les pêcheurs l'ont largement pourvu de termes de mer et de noms de poissons. Viendra ensuite l'important groupe de l'Ouest, qui embrasse la Saintonge et la Touraine, le Maine, l'Anjou et le Poitou — autant de sources essentielles qui lui ont fourni le plus grand nombre de ses contributions régionales.

Apres une exploration sommaire du Centre et de la Lorraine, du Lyonnais et du Dauphiné, nous arriverons aux patois méridionaux — Languedoc et Provence, Gascogne et Limousin — qui, à leur tour, ont abondamment alimenté sa provision de mots du terroir.

Cette aire dialectale rabelaisienne embrasse ainsi la plus grande partie de la France. Chacun des parlers provinciaux lui a départi ses vocables les plus originaux, les plus caractéristiques. Ces apports multiples ont abouti à un ensemble à la fois copieux, vivant et coloré, au tableau dialectal le plus vaste que connaisse l'histoire de la langue.

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