‹ La langue étrusque; sa place parmi les languesChapitre 52 sur 68 · V. Kvintî Arntias selansl te^ alpan turke · texte numérisé non relu

V. Kvintî Arntias selansl te^ alpan turke

Le mot alpan, qui accompagne turke, appartient à la racine alp, olp (V. UL), qui signifie : richesse, distinction, bénédiction, bonheur; àXç-^, honneur, distinction. On peut le rendre par hommage.

Dans la seconde inscription, le mot selansl, que nous rapprochions plus haut de tlenakes, est de la racine sel et signifie beau, brillant. Le terme te^^, que ce mot qualifie, appartient à la racine te^.

TUZ, qui signifie ordre, radiation. Ces deux mots ensemble servent à désigner l'objet d'art.

Ils ont pour parallèle dans la première inscription, le mot kulpiansi; celui-ci appartient à la racine kil, cil, (V. JIL), qui indique aussi, d'une part, le rayonnement, l'éclat, et qui, d'autre part, donne l'idée de faire éclater, de tailler, de couper^ de « sculpter. » T. jak, kilbian, rayonnement, éclat. Ces deux sens de la racine conviennent au cas présent.

Ces inscriptions signifient donc : « A V. Kvinti Aruntias, belle statue offerte en hommage. »

« A V. Kvinti Aruntias, objet beau et précieux offert en hommage. »

Une statuette d'Apollon lauré qui est à Paris, au cabinet des médailles, porte ce texte :

Mi fleres ...ulare aritimi Fastî Ruifrim trke klenhya.

Le mot qui suit fieres est d'une lecture douteuse au commencement ; mais on sait qu'il doit désigner Apollon ; le nom aritimi est employé comme épi-

thète de ce dieu, et signifie : du matin; c'est une variante d'Artémisius. Le don est fait à Fasti Ruifrirn par un de ses enfants qualifié de clen ctya. A cause de la permutation possible du s et du c, il faut voir dans ctya une forme orthographique de se^ ; dm ceya est donc la fille. Le sens de l'inscription est :

« Ceci est la statue du soleil du matin. A Fasti Ruifrim ; don de sa fille. »

Sur une statuette d'enfant on lit :

Velias Phanaknal ThuphUas

alpan menaye dm ceya tuBines tknayds .

On connaît les deux derniers mots; ils signifient : très belle offrande funéraire. L'objet est offert en hommage, alpan, à Velia, par sa fille den ceya: Le seul mot encore inconnu est menaye, qui suit alpan.

Ce mot appartient à la racine man qui indique la prééminence ; il doit signifier : pour honorer; T. jak. mani, témoignage honorifique.

Le sens de l'inscription est donc :

138 LA LANGUE ÉTRUSaUE

»( A Velias Phanaknal Thuphulthas, hommage et témoignage de vénération de sa fille. Très belle offrande funéraire. »

Sur la statuette d'un dieu lare, conservée au British Muséum, se trouvent ces mots :

Kanvate selvansl LeMnei alpnu ecn turke Lar^i.

Le mot que qualifie selvansl, kanvate, est de la racine kan, gan, (V. KUN) indiquant la douceur, la beauté, l'agrément (Cf. kana). — Entre alpnu et tîtrke est un mot ecn, qu'il ne faut sans doute pas confondre avec le démonstratif cen, mais qu'on doit rapporter à la racine ag, eg (V. AK), signifiant l'élévation, la quantité, l'honneur, la louange ; uig. okmek, louer, estimer ; à'^av, beaucoup.

Le sens du texte est : « Objet d'art agréable ; offert en témoignage de grande estime à Leôanei par LarOi. »

Un vase étrusque est décoré d'une scène qui

représente Alceste et Admète. Derrière Alceste est Charon qui se prépare à la frapper de son marteau. Alceste et Admète sont désignés par leurs noms : Atmite, Alksti ; et près de Charon se lit cette inscription :

Eka crske nak ayrum fler drke.

Étant donné le sujet, il est aisé de reconnaître dans ayrum le nom de l'Achéron. Il se peut d'ailleurs que, dans l'esprit des Etrusques, l'Achéron n'ait pas été un fleuve, mais un symbole de l'amertume de la mort ou de sa tranquillité : T. uig et c'ag. akru, douleur ; T. uig. a^ru, silencieux; c'ag. agrin, o^rw, silencieux, secret.

Le mot nak, qui précède ce nom, est de la racine ank, ONG, désignant la principauté, et signifie : le maître; à'va;.

Quant au mot erske qui doit aussi désigner Caron, il appartient à la racine ER ou erk^ indiquant d'une façon générale la force, et peut-être plus spécialement ici la rudesse, la dureté; et. rigor.

Il faut traduire :

« Ce personnage est le dur maître de l'Achéron ;• objet d'art [offert] en don. »

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