‹ La langue française au Canada; conference lue devant l'Union catholique de Montréal, le 10 mars 1901Chapitre 10 sur 16 · X A NOS COMPATRIOTES · texte numérisé non relu

X A NOS COMPATRIOTES

8° Mgr V Archevêque deSt-Boniface.

Mon cher M. Leclaire,

La conférence de M. J.-P. Tardivel sur la lanjrue française m'intéresse d'autant plus que nous faisons ici un travail colossal pour la conservation de cette langue menacée non seulement par la loi et l'antagonisme d'une cer. taine classe d'esï)rits étroits, mais aussi par l'utilitarisme.

Je vous félicite de donner tant de publicité à ce travail intéressant, sérieux, et qui fera un bien immense à cette heure de la grande et universelle anglomanie, parce qu'il fera aimer notre chère langue française telle qu'elle est parlée par les Canadiens-français.

Je vous bénis de grand cœur au moment de partir pour le Yukon, et je vous donne l'assurance que je recommanderai cette conférence dans mon diocèse.

9^ Mgr VEvêque dts Trois- Rivières.

•• Votre projet est à mon sens un acte de patriotisme éclairé. L'éminent publiciste, en fai-

A NOS COMPATRIOTES. ^j

sant l'histoire politique de notre langue, nous a donné la clef de son caractère propre, de ses qualités et de ses défauts. C'est ce que beaucoup n'avaient pas aperçu jusque-là.

Bien des critiques erronées et injustes auraient été évitées, je crois, si l'on s'était rendu compte de ces faits historiques, qui sont toute une orientation.

Quant aux qualités et aux défauts de notre langage, c'est d'une façon tout à fait probante qu'ils sont établis, et je suis sûr qu'il n'y a pas un canadien-français qui ne se dise, en lisant ces lignes : Que je suis content de connaître cela !

Assurément, il y a dans ces données un moyen efficace de conserver et d'épurer notre français, et nous ne devons pas négliger de l'employer. Pourrions-nous oublier qu'à notre langue, de même qu'à notre religion, ?e rattachent nos destinées comme peuple?

Je vous encourage à poursuivre l'exécution de votre projet, et à répandre le plus possible dans nos maisons d'éducation, parmi les gens instruits et parmi le peuple, le travail sérieux, instructif et agréable de M. J.-P. Tardivel."

m A NOS COMPATRIOTES.

10^ Mgr VEvêque de St- Albert (T. N. 0.)

Monsieur,

En réponse à votre lettre du 10 mai, je vous dirai que, sans avoir eu encore connaissance de la conférence de M. Tardivel, dès lors que c'est une revendication en faveur de notre languefrançaise, je ne puis moins faire que d'y adhérer absolument et dedésirar qu'elle se répandre parmi nous. Je regrette que trop de Canadiensfrançais ne semblent point assez comprende l'importance de la langue de leurs ancêtres^ Beaucoup ayant séjourné aux ïltats-Unis et eu ayant fréquenté les écoles, ont fini par se familiariser tellement avec l'anglais qu'ils tiennent assez peu au français. Ajoutez que notre gouvernement local fait absoluuient tout ce qu'il peut pour faire disparaître notre langue

Croyez, monsieur, à n)es voeux pour le succès de votre entreprise et à toute ma reconnaissance.

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