‹ La langue française au Canada [microforme]Chapitre 6 sur 48 · X AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

X AVANT-PROPOS

venir les attaques affectant spécialement notre langue maternelle, pour les repousser à l'occasion, le meilleur remède, l'arme la plus sûre n'est-elle point notre langue elle-même? C'est pourquoi nous devons rendre notre langage aussi fort que possible, sinon inattaquable, plutôt que nous illusionner sur son invincibilité et borner nos soins à couvrir de fleurs et de compliments ses défenseurs mal armés. Des canons, des munitions!

Je ne me suis pas autrement préoccupé du litige anglo-français de l'Ontario, auquel je ne puis tien, si ce n’est déplorer les animosités qu'il a fait éclore et germer. En majeure partie, ces animosités sont le fait de quelques organes anglo-protestants, qui réclament avec trop d'injustice l'unification de la langue officielle, se forcènent accessoirement contre les Canadiensfrançais et les traitent de lâches et d’ignorants; elles sont également le fait de quelques organes franco-catholiques, qui se rebèquent à bon droit, mais compromettent la meilleure cause du monde et enfiellent comme de parti pris les cœurs en qualifiant les Canadiens-anglais de l'Ontario d'intrus et d’accapareurs, en agissant avec une aussi parfaite mauvaise foi à l'endroit de ceux mêmes de nos compatriotes canadiens-français qui se permettent de penser autrement que nos petits messieurs-j'ordonne empatron-

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