LE PAPE JUGE DE LA QUESTION
11 s’agit toujours de la loi scolaire de 1913, couramment appelée le règlement 17.
Doit-il être accepté et appliqué, sinon perpétuellement, du moins à titre provisoire, et comme à l’essai, ainsi que d’aucuns le prétendent, ou doit-il être au moins modifié comme d’autres le réclament ? La résistance à cette loi doit-elle être considérée comme un acte coupable de rébellion, ou bien comme la légitime défense d’un droit injustement lésé ? ,
Telle est toute la question.
Pour nous, catholiques, si nous ne pouvons être partagés sur les points qui intéressent l’unité et la purete de la foi, nous recouvrons notre liberté d’opinion dans les matières discutées. La liberté des controverses peut même dégénérer en de regrettables dissensions. Les sujets si complexes de morale, de discipline, les matières mixtes où différents droits s’exercent à la fois, peuvent favoriser ces conflits. Mais si la divergence des pensées menace de devenir licence parmi nous, il y a un Chef, chargé par Dieu des intérêts universels de son Église, qui résout les difficultés de ses fils, et par la paternelle sagesse de sa sentence fait la lumière dans les esprits et ramène la paix dans les cœurs.
Souverain d’une société religieuse, et profondément respectueux des droits véritables de toute autre société, civile ou familiale, le Pape ne considère les questions que sous l’angle de la foi et de la moralité : les choses du temps ne ressortissent à son tribunal que sous un aspect d’éternité. Ne lui demandez pas une solution administrative ou économique ne regardant que le temporel ; il s abstiendra. Mais qti il s agisse de prononcer sur la moralité d’une démarche, sur la justice ou l’injustice d’une réclamation, là, il est dans son rôle. U n’y a pas failli; il n’y faillira pas.
Parfois, les lutteurs qui ont été meurtris dans le combat, les blessés qui comptent leurs plaies et se souviennent de quel côté les coups sont venus, peuvent désirer des sentences plus minutieusement détaillées, des énumérations plus complètes. Placé plus haut et voyant les choses dans l’ensemble, poursuivant le bien commun de 1 Église, à la fois juge et père, le Pape préfère souvent s’en tenir aux principes généraux dont l’ampleur contient la solution des cas particuliers. L’expérience des siècles a démontré la sagesse autant que l’efficacité de cette méthode. N’est-elle pas celle des habiles médecins? Aux routiniers de leur art, ils abandonnent le traitement local des ulcérations; eux, par un diagnostic de génie, voient dans le symptôme la source du mal, et prescrivent le spécifique.