La langue théatrale, vocabulaire
L'ouvrage qtie nous offrons au public témoigne^ par son sous-titre^ de la modestie de nos prétentions pour cette œuvre où notre collaborateur « ciseaux » a joué un rôle aussi important que notre plume; nous croyons cependant qu'il pourra être utile aux personnes qui aiment le théâtre : c'est là notre seul but.
Notre idée n*est pas neuve dans la forme, car il existe plusieurs ouvrages sous les titres
de DIGTIONNÂIBE DES THÉÂTRES, DICTIONNAIRE THÉA-
TRALy etc. y etc.; mais elle est nouvelle dans le
fond^ en ce sens que les ouvrages précédemment publiés y en outre qu'ils remontent au milieu du siècle dernier pour quelques-uns y et à tannée i8^4 pour les plus récents y ne s'occupent en aucune façon à satisfaire la curiosité du spectateur 'y les unSy beaucoup trop longs y offrent y dans leurs huit ou neuf volumes, un catalogue ou répertoire des pièces jouées depuis torigine de notre théâtre jusqu'à la date de leur publication; les autres y surtout les derniers y se sont attachés à faire une courte biographie critique ou apologétique des comédiens qui étaient au théâtre à ce moment y plutôt qu'à traiter des choses du théâtre. Cette méthodCy qui pouvait piquer la curiosité au moment de la mise en ventCy n'offrait plus aucun intérêt quelques mois aprèSy par suite des nombreux ^changements survenus dans le personnel des théâtres.
Laissant de côté la bibliographie comme trop aridcy et la biographicy comme trop sujette à partialité^ nous n'avons fait entrer dans notre vocabulaire que les mots qui peuvent
intéresser le spectateur; donner matière à son jugementy à son appréciation^ à sa critique^ tout en tinitiant aux choses du théàtrb. Nous avons rejeté presque entièrement /'argot de coulisses et n'en avons conservé que quelques mots qui sont du domaine général, et en quelque sorte passés dans la langue du monde. Cet argot, du reste, est trop fantaisiste, et surtout trop élastique, pour être classé dans un vocabulaire, à moins d'en faire un spécial, comme fit le regretté joachim duflot.
Nous avons omis, à dessein, la technologie du machiniste et ne lui avons emprunté que quelques mots indispensables au spectateur pour qi/il puisse se rendre compte des manoeuvres qu'il voit opérer; le reste serait fatigant et sans intérêt pour lui.
Enfin, pour faire passer quelques réflexions de notre cru, nous avons agrémenté notre vocÀBULAiBE d'une certaine quantité danecdotes dramatiques; mais, craignant qu'on y voulût voir des personnalités, nous les avons
prises assez anciennes pour ne blesser personne, ce qui ne veut pas dire que l'application rien puisse être faite de nos jours; de cela, nous notes lavons les mains.
La partie historique, on le comprendra facilement, doit être fort écourtée dans un ouvrage aussi restreint que le nôtre; cependant on y trouvera, sommairement il est vrai, les origines du théâtre, en Grèce, à Rome, et chez nous; celles de nos grandes scènes : Opéra, Opéra-Comique, Théâtre-Français, ainsi que thistoire et la fondation des principaux théâtres de Paris,
Nous avons terminé et complété notre volume par un Appendice contenant les documents historiques de fondation, ainsi que les lois, décrets, ordonnances, règlements de police qui forment la législation théâtrale. Le lecteur y trouvera de précieux et intéressants renseignements qui lui expliqueront bien des choses; il y verra que tandis qviil se livre insouciant au plaisir des yeux et des oreilles, ses plaisirs,
sa santé j sa sûreté, sa vie même sont protégés par les lois existantes et par des agents qui les font observer.
Du reste, à la grâce de Dieu !