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De notre côté, en considérant notre vaisseau voguant à travers d’épais brouillards et sans cesse agité par le vent, sans dévier un instant de la route qui conduit, au port,
+ Ily a une boussole à bord de la Ville-de-Paris ; il ne faut pas oublier de dire cela à:ses ouailles.
nous avions sous les yeux une figure sensible de la barque de Pierre, savoir /a sainte Eglise catholique
Avouer que l’Eglise catholique est dans les brouillards, ce n’est pas
gentil pour un évêque.
qui traverse la mer orageuse du monde, sans craindre le naufrage, parce qu’elle a. la certitude infaillible que les schismes et les hérésies ne pourront jamais la faire sombrer,
Je ne sais pas s’ils pourront la faire sombrer, mais jusqu’à présent ils l'ont endommagée tellement qu’elle n’est plus reconnaissable.
Oh ! que lon vogue en sûreté sur cet admirable vaisseau !
La Ville-de-Paris sans doute ? car la religion catholique n’a pas encore d’hélice,
Assis tranquillement sur le vaisseau qui nous conduit au port, nous nous plaisons à suivre des yeux ure foule de goëlands qui, avec la rapidité du vent, nous suivent et voltigent sans cesse autour du gouvernaïl. Ces charmants oiseaux, par leur éclatante blancheur et leur infatigable vol, nous font pensér aux bons Anges, chargés de veiller sur J’ Eglise et d’avoir soin de tous ses enfants.
Ceci, c’est du profane. Malgré mon iniquité, les goëlands ne m'’avaient encore jamais fait songer aux anges. Seraient-ils leurs représentants sur la terre ? Ça se peut. L'’évêque de Montréal se dit bien celui du Christ.
Je ferai remarquer toutefois que les goëlands ne sont pas absulument blancs ; grand nombre d’entre eux ont les aïles presque toutes. grises ; ce sont ceux qui représentent les plus anciens anges.
Comme donc l’on demeure tranquille, en considérant que ces Bienheureux Esprits nous‘couvrent de leurs ailes, pour nous mettre à l’abri de tout danger dans le voyage de la vie ! Nous l’avons éprouvé clairement aujourd’hui même. Car le vaisseau à failli se heurter contre un rocher caché sous l’eau ; et sans une manœuvre: prompte et habile, il s’y cerait probablement brisé.
Ce n’est pas la manœuvre qui l'a sauvé; c’est l’ange gardien de Monseigneur, sous la forme d'un goëland aux serres tenaces, qui, en donnant un coup d’aile, l'a fait passer à côté de l’écueil.
Mais en voilà bien assez. et plus sans doute que vous ne le voudriez. Adieu
Le à vous et à tous ceux qui s'intéressent à nous, dans les cœurs de Jésus et arie /
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IG., Ev. DE MONTRÉAL.
Cette façon d’intéresser m'est complètement inconnue et me semble irréalisable.
Vous rencontrez quelqu'un : ‘ Monsieur, je m'intéresse à vous dans le cœur de votre voisin.” Comment voulez-vous qu’il vous trouve ?
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En vérité, je vous le dis, il faut être évêque pour parler le langage de la plus complète imbécilité et avoir avec cela le. privilége d’être reproduit.
Que penser du peuple gouverné sans conteste depuis quinze ans par l’homme qui a pu écrire les deux pages d’insondable sonpiqite que je viens de reproduire !
Du temps que les hommes ne mangeaient pas, je comprends que le carême eût sa raison d’être.
Mais aujourd’hui, comment veut-on que les casseurs de pierres, les scieurs de long et les journalistes puissent y tenir ?
Je demande une dispense.
Le carême ne devrait exister que pour les curés et les fonctionnaires du gouvernement, parce que ces deux classes d'hommes, fort utiles du reste ....à eux-mêmes, trouvent dans un sommeil réparateur les forces que le commun des mortels ne peut renouveler que par des
rosbifs saignants.
Les prêtres et les nonnes sont les ‘gens les moins miséricordieux qu’il y ait, cela est connu depuis longtemps.
Si, encore, ils se contentaient de vous répondre que ça ne les regarde pas, quand vous leur demandez la charité, mais dès qu’ils apprennent que vous gagnez honorablement votre vie par le travail, ça. les regarde aussitôt pour vous en empêcher.
L'Tnstitut-Canadien avait engagé, il y a six seRaipes, un tout jeune homme pour faire les salles, les commissions... ...et autres choses généralement quelconques.
Il recevait six dollars par mois.
Tout à coup il disparaît.
On va aux informations 6t l’on apprend que sa mère lui a défendu de revenir, parce qu'il y a de mauvaises statues dans l’amphithéâtre des séances.
Or, qui avait soufflé cette bêtise à la malheureuse femme ?
Je soupçonne fort M. Giban d’avoir fourré son nez là. M:Giban n’aime pas les arts et il aime encore moins les gens qui gagnent leur vie, parce que ceux-là ont moins le temps de courir à ses sermons.
Il neige, il neige encore, et il neigera toujours, et quand il ne neigera plus, il neigera encore, et quand la fin du monde arrivera, quand le berceau du monde en deviendra le cercueil, eh bien ! il restera encore un morceau du Canada pour qu il puisse neiger dessus.
On ne me fera j jamais croire que ça n’est pas fait exprès.
Le vent souffle avec rage dans ma chambre ; vingt fois il a déjà éteint ma Lanterne ; j'ai beau invoquer le Seigneur, il neige tant et il poudre tant qu’il ne m’entend pas.
Ce sont les tempêtes du siècle, rien n’est plus clair.
Ah ! si l’évêque était ici.
Avee quelques bonnes prières, ne pourrait-on pas le revoir, au moins huit jours, rien que pour remettre le temps dans un état raisonnable ?
Pourquoi êtes-vous parti, à Grandissime ! O Grandissime ! pourquoi êtes vous parti avant les poudreries ?
Enfin M. Howe est nommé président du Conseil Exécutif de la Confédération. :
Merci, mon Dieu ! maintenant je puis mourir content.
M. Howe a été récompensé aussitôt de cette acte d’abnégation par la permission d'accompagner Son Excellence à Montréal où il devra Ep es le nouveau quadrille confédéré, appelé quadrille de la
cule.
S'il fait un faux pas, on augmentera son salaire.
Mais la Nouvelle-Ecosse ! Ah ! en effet, la Nouvelle-Ecosse! Je faisais comme nos ministres qui l’oublient complètement pour ne penser qu’à M. Howe.
Jeunes gens, ouvrez les yeux. Vous qui avez vingt ans, regardez.
Je ne m'adresse pas aux autres; ils n’ont su rien voir, ni rien empêcher, ou s'ils ont vu, leur regard était trop faible pour mesurer l’abîme où nous croulions, leur bras trop inerte pour nous y r.“racher.
Je vous parle à vous qui êtes l'avenir, pour vous ouvre le rideau.
Où sommes-nous? Quel est ce pays où nous vivons? Quel nom
a-t-il parmi les hommes ? Que signifions-nous ? À toutes ces questions, une réponse dans un seul mot, Le néant.
A Québec un parlement qui siége, qui s’ajourne, qui vote et qui. ne pense pas.
Machine à dire out toujours, mue par un seul et même ressort, le Il le faut des ministres.
Et que sont ces ministres? Eux-mêmes des instruments, bâtons qui battent la mesure des airs de cantiques.
Il a fallu un parlement provincial pour démontrer notre infériorité, notre insignifiance, notre nullité.
Ces représentants, que sont-ils ? Une seule chose : ils sont l’image
d’une ombre qui est nous, Canadiens-Français. “"…
Hier, la ville de Montréal élisait ses conseillers municipaux.
On vit alors des vieillards près de la tombe donner en tremblant leurs votes payés.
Dans un quartier exclusivement canadien, un anglais a failli être élu.
Je ne m'occupe point de la nationalité du candidat, et je serai très heureux le jour où l’on élira indifféremment un anglais, un irlandais ou un canadien, mais remarquez qu’un pareil exemple ne se voit pas chez les autres races. -
Quel est le canadien qui oserait se présenter à des électeurs anglais, et si cet homme existait, de quel œil le verraient-ils ?
Les Anglais ne sont pas encore descendus et ne descendront pas à reconnaître qu'ils ne peuvent trouver un des leurs pour les représenter, mais nous, nous y sommes depuis longtemps.
On a dit que nous étions la race inférieure.
11 n’ÿ a pas dé race inférieure, mais il y a dans le monde un péuple qui fait tout en son pouvoir pour démontrer que cette race existe, et ce peuple, c’est nous, et cette race, ce serait la nôtre.
Par quelle suite de chutes, par quels abaissements successifs, par quelles déchéances de plus en plus profondes, en sommes-nous venus à ne plus compter sur notre propre sol, à n'être plus rien, même à nos propres yeux !
Pourquoi? Voilà le mot répété bien des fois depuis quelques années ; grand nombre de gens soupçonnent le parce que, mais il leur fait peur.
À moi il appartient de le dire.
Nous ne sommes plus un peuple, parce que depuis un quart de siècle nous avons abdiqué entre les mains des prêtres toute volonté, toute conduite de nos affaires, toute idée personnelle, toute impulsion collective.
Cette abstraction de nous-mêmes a été poussée si loin qu'aujourd’hui elle est devenue notre nature d’être, que nous n’en concevons pas d'autre, que nos yeux sont fermés à l'évidence, que nous n’apercevons même pas le niveau d’abaissement où nous sommes descendus, et que nous considérons comme une bonne fortune unique de n'avoir plus la charge de nos destinées.
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Les prêtres individuellement peuvent être d'excellents hommes, tout comme les autres ; mais du jour où ils s’immiscèrent dans les affaires humaines, ils voulurent les diriger exclusivement, et ils devinrent le fléau des peuples.
Leur principe est l’absolu ; ils n’admettent donc pas que rien se modifie,
A chaque expérience nouvelle, à chaque démenti des faits, à chaque démonstration de la science, devant la vérité éclatante et irrésistible, ils opposent l’impérieux et aveugle non possumus.
Non possumus, nous ne pouvons pas.
S'ils ne peuvent pas, s’ils ne comprennent pas que les idées, que. les lois, que les institutions se perfectionnent et s’épurent par la liberté, ils ne sont pas dignes de commander aux hommes.
Les rabbins des anciens juifs disent que Dieu créa Adam avec une longue queue, mais qu'après l'avoir considéré attentivement, il lui parut que l’homme aurait meilleure grâce s’il la lui supprimait. Ne voulant pas toutefois perdre une partie de son ouvrage, Dieu coupa la queue et s’en servit pour former la femme. Les rabbins prétendent expliquer au moyen de ce conte une partie des inclinations des femmes. D’autres, non moins ridicules, disent que Dieu créa d’abord l’homme double et des deux sexes, mais qu’en perfectionnant son plan, il sépara le mâle de la femelle et en fit deux êtres distinets.
C’est pour cette raison, ajoutent-ils, que les. deux sexes ont. tant d’inclination l’un pour l’autre, et cherchent continuellement l’occasion de se rapprocher. On trouve aussi dans une histoire fort ancienne qu'Eve, impatientée de ne pouvoir déterminer Adam à manger du fruit défendu, arracha une branche d'arbre, et en fit un gourdin à l’aide duquel elle réussit promptement à se faire obéir.
Il faut jeter aujourd’hui un regard sur le monde.
Je ne parlerai pas de l'Espagne où, il y a trois mois à peine, on ne concevait même pas que les protestants pussent avoir un temple à eux; je ne parlerai pas de l'Italie étouffée depuis des siècles sous l’épais capuchon des moines, où la régénération n’est pcssible que par un radicalisme qui ne comptera pas les plaies et ne s’effraiera pas de la grandeur des sacrifices ; je ne parlerai pas du Pérou, du Mexique, de Cuba, de toutes les anciennes colonies espagnoles enfin, où l’anarchie règne en permanence, résultat d’une longue tutelle religieuse ; je ne citerai pas ces exemples qui se présentent d'eux-mêmes à l’observation, mais je vais mettre en vue des pays de colons comme le nôtre, offrant avec le Canada des analogies saisissantes, et l’on jugera.
L'Ile Madère, colonie portugaise sur les côtes d'Afrique, fut découverte en 1412, il y a déjà quatre siècles et demi.
Au commencement du 17e siècle, les couvents, se multipliant et s’enrichissant sans cesse, accaparèrent une grande partie des terres cultivées. Celles qui échappèrent à la main-morte furent grevées de droits nommés vinculos, que les mourants constituaient au profit des églises, à le condition qu’un certain nombre de messes seraient dites pour le salut de leur âme.
Ces vinculos ni. seulement enlevaient une partie du produit net, mais avaient pour euet de limiter toute location à quatre années, et de réduire ainsi les cultivateurs à un.état très voisin du servage.
La révolution de 1821 supprima tous les couvents, moins trois,
La population de Madère diminue, elle est aujourd’hui d’environ 75,000 âmes. (C’est en vain que le gouvernement portugais y s&