‹ La lanterne sourdeChapitre 43 sur 89 · LE CHRIST PUNI · texte numérisé non relu

LE CHRIST PUNI

Passant au pied de la croix plantée hors du village et qui semble le garder contre une surprise. Tiennette la folle voit que le Christ est tombé.

Cette nuit, sans doute, le grand vent l'a décloué et jeté par terre.

Tiennettese signe et redresse le Christ, en prenant des précautions, comme pour une personne qui vit encore. Elle ne peut pas le remettre sur la croix trop haute ; elle rie peut pas le laisser tout seul, au bord de la route.

D'ailleurs, il s'est fait mal dans sa chute et des doigts lui manquent.

— Je vais porter le Christ au menuisier, dit-elle, afin qu'il le répare.

Elle le saisit pieusement parle milieu du corps et l'emporte, sans courir. Mais il est si lourd qu'il glisse entre ses bras et que fréquemment, d'une violente secousse, elle doit le remonter.

Et chaque fois, les clous dont on a percé les pieds du Christ accrochent la jupe de Tiennette, la soulèvent un peu, découvrent ses jambes.

— Voulez-vous bien finir. Seigneur ! lui dit-elle. Et simple, Tiennette donne auxjoues du Christ de

légères tapes, délicatement, avec respect.

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