‹ La layette, comédie en trois actesChapitre 74 sur 115 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

Vraiment ?

OLOA.

Je n'étais pas née pour cette vie d'aventures et de désordre. J'avais tous les instincts de la femme honnéte. Je révais d'une famille nombreuse. Ma mère a eu douze enfants.

Douze enfants T

OLOA.

Je suis son treizième.

LA ROUSSB.

Alors elle en n eu treize! C'est superbe !... A la bonne heuro, voilA ce que j'appelle une femme, une vraie femme.

OLOA.

Hélas ! elle mourut en me donnant le jour.

Après une carrière si bien remplie, elle en avait le droit!

OLOA.

Quant i\ mon père...

LA ROUSSK.

11 ne fit que passer!... Mais enfin quand on passe treize fois !

OLOA.

Tout cela doit vous paraître monstrueux?

LA ROUSSK.

Pas du tout ! Au contraire I Ce sont les lois de la nature!... Les seules... les vraies... Et si tout le

monde comprenait son devoir comme madame votre mère !...

OLGA

Certes 1 mais que peut devenir une malheureuse enfant qui n'a plus son père ni sa mère!

Orpheline... c'est forcé 1 "

OLGA

Lancée à travers le monde, sans appui, sans conseil, elle est perdue fatalement.

Pourquoi donc?... La Providence est là...

OLGA

Non. Rappelez- vous Marguerite Gauthier.

Je n'ai pas connu.

OLQA) déclamant.

Ainsi, quoi qu'elle fasse, la créature tombée ne se relèvera jamais! Dieu lui pardonnera peut-être. Mais le monde sera inflexible ! Au fait de quel droit veuxtu prendre dans le cœur des familles, une place que la vertu seule doit y occuper ! Tu aimes ?... Qu'importe?... Eh t la belle raison 1 Regarde donc la fange de ton passé!... Quel homme voudrait t*appeler sa femme I Quel enfant voudrait t'appeler sa mère !

LA BOnSSE.

Qu'avez-vousî... Vous pleurez?

OLGA

Oui... de vraies larmes.

Calmez-vous I

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