‹ La légende d'un peuple (volume 2)Chapitre 100 sur 120 · JOURNALISTE PIEUX · texte numérisé non relu

JOURNALISTE PIEUX

Sur le trottoir, un jour, vous heurtez par mégarde Un être qui sans voir allait clopin-clopant. Poli, vous demandez pardon au sacripant, Qui baisse devant vous sa paupière hagarde.

Le sire, avec son air cauteleux et rampant, Voudrait vous étriper, mais quelqu'un le regarde : Il arrondit le dos et passe . . . Prenez garde ! Vous avez mis le pied sur un vilain serpent.

Voyez-le s'éloigner, il louvoie, il sournoise ; Son astuce déjà songe à vous chercher noise ; Il vous fera savoir demain ce qu'elle vaut.

Où va-t-il ? Inventer pour vous quelque supplice ? Vous tendre un traquenard ? ameuter la police ? Non, il va rédiger quelque article dévot !

Ah ! malheureuse engeance, apanage du diable !

Regnard.

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