‹ La légende d'un peuple (volume 2)Chapitre 102 sur 120 · TOMBE ISOLÉE · texte numérisé non relu

TOMBE ISOLÉE

A Varennes, pays de calme et de bien-être, Au milieu d'un enclos ombragé de grands fûts, Blanche, parmi le vert des herbages touffus Une pierre tombale est là sous ma fenêtre.

Pauvre mort délaissé ! je ne veux rien connaître M même soupçonner rien de ce que tu fus ; Pourtant à ta pensée un sentiment confus De troublante pitié me hante et me pénètre.

Serait-ce que la mort elle-même a le don Au-delà du cercueil de sentir l'abandon ? La tombe a-t-elle aussi ses ennuis ? non sans doute ;

Mais le cœur, pauvre cœur — à quoi bon le nier ? — Est bien fait pour aimer sans fin, puisqu'il redoute Jusqu'au fond du tombeau l'isolement dernier.

Tu régneras longtemps après.

A. Deschamps.

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