‹ La légende d'un peuple (volume 2)Chapitre 60 sur 120 · NOCES DE DIAMANT · texte numérisé non relu

NOCES DE DIAMANT

A M. et Mme C. ?*•*

O mes chers vieux amis, à l'époque trop brève, Et pour moi disparue, hélas ! depuis longtemps. Où Ton voit devant soi l'avenir qui se lève Comme un soleil joyeux sur l'azur du printemps

Quand j'étais jeune, enfin, j'avais fait ce doux rêve D'une existence entière — oui, de tous les instants Aube sans lendemain qui commence et s'achève Dans la naïveté des amours de vingt ans.

Je ne réclame point. La vie est bonne mère : Elle mit sur ma route, en brisant ma chimère, Une assez large part de bonheur en retour ;

TVIais sans trouver en rien la destinée injuste. Je salue, attendri, votre vieillesse auguste Qui sut réaliser mon beau rêve d'un jour !

Vous qui du Pinde abordez les coteaxix.

LeBruN,

A Mme ELIZA FRANK

Quand la nuit tombe, — au bord secret des étangs clairs.

Où le flot balancé dans son urne trop pleine

Inonde vaguement de ses pâles éclairs

Un fouillis d'ajoncs verts qui tremble à chaque haleine, —

Avez-vous entendu — voix d'ange ou de sirène — Animant tout à coup l'ombre des bois déserts. D'un rossignol ému la cantate sereine S'élever lentement dans le calme des airs ?

Tout fait silence alors — souffles, soupirs, murmures, Lyres des soirs que Dieu suspendit aux ramures. De la brise et des nids colloques enchantés ?. . .

Madame, vous avez de l'oiseau solitaire L'accent victorieux, et chacun doit se taire Dans le ravissement sitôt que vous chantez !

0 vous que j'aperçois passant légère et belle !

Em. Ducros.

A MISS WINNIE HOWELS

Bravant dans ses rigueurs notre zone neigeuse, Tourterelle échappée à l'Orient vermeil, Qui donc a dirigé ton aile voyageuse Vers nos pays du Xord oubliés du soleil ?

Toi dont Venise, au chant de sa lagune heureuse, Berça le premier rêve et le premier sommeil ! Quel caprice a conduit ta course aventureuse Vers nos bords où l'été n'a qu'un tardif réveil ?

Oh ! je le sais, enfant ! A la plus pure flamme

Ton père, doux poète, alluma ta belle âme ;

Et, fier de nous montrer un cœur comme le tien.

Après avoir — conteur à la voix sympathique ! —

Chanté notre pays sur sa lyre exotique.

Il t'envoya vers nous j)our faire aimer le sien î

La noce sera belle et riche galamment.

Jean Richepin.

A M. et Mme R. D . . .

A l'occasion de leur mariage.

Voici la saison des pervenches :

Par les ravins et les closeaux, L'ombre palpite sous les branches, Les rayons dorment sur les eaux.

Les pommiers sont en robes blanches ; Pan soupire dans les roseaux ; C'est l'Eté qui prend ses revanches :

Mariez-vous, petits oiseaux !

La vie est belle à son aurore ; Mais la rose qui vient d'éclore Peut perdre en un jour sa couleur.

Pour mieux fixer la destinée.

Voici la saison fortunée :

Mariez-vous, jeunesse en fleur !

Hier, en voyant une hirondelle Que nous remenait le printemps. .

Henri Mctrgeb.

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