‹ La légende d'un peuple (volume 2)Chapitre 69 sur 120 · A ADOLPHE POISSON · texte numérisé non relu

A ADOLPHE POISSON

A l'heure où le loup rôde en cherchant sa pâture, Heure sombre où l'enfant tressaille au moindre bruit ! Quand, au fond du ciel morne où nul astre ne luit, L'ombre, sinistre oiseau, plane sur la nature,

Souvent le voyageur, égaré dans la nuit, Laisse flotter la rêne au col de sa monture ; Et l'animal, cessant d'aller à l'aventure, D'un pas ferme, tout droit au gîte le conduit.

Ta muse, c'est la sûre et fidèle cavale. Poète ! et tu pourrais errer par intervalle. Tâtonnant sur la voie où le doute est vainqueur ;

Mais à son noble instinct toujours tu t'abandonnes, Certe ! et voilà pourquoi, même quand tu fredonnes. Tu sais si bien trouver tous les chemins du cœur !

Beaux, les nobles amants qui, sans crainte ni doute, Vers le même sommet ont pris la même route.

AUG. DORCHAIN.

A Mmes ELODIE H***, CORDELIA DE B***et ANGELINE C***

Au mois de mai, doux mois oii fleurit la cerise, Dans les bosquets tout blancs où l'on s'est attardé, On hume les parfums vernals, et l'on se grise Dans un flot virginal d'effluve débordé.

Le temps passe ; et, plus tard, on voit avec surprise, Sur un rameau pliant, de soleil inondé, Le fruit lourd et vermeil, que balance la brise, Briller robuste et mûr sur l'arbre fécondé.

Cousines, bénissons le ciel ; la vie humaine Est comme la nature : un bon ange ramène Par un autre chemin le bonheur qui s'enfuit.

Tous les espoirs joyeux ici-bas ont leur place ;

Et Dieu, qui veut toujours le plus grand bien, remplace

L'arôme de la fleur par la saveur du fruit.

Mai 1907.

INTIMITES

Sois l'âme de mon âme. et guide tous mes pas.

Saint-Aulaire.

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