La Légende de Don Juan
C'est d'une conversation avec Gustave Larroumet qu'est née cette étude sur Don Juan. Je V entretenais un jour de travaux que je me proposais d'entreprendre sur Molière, et, à cotte occasion, de recherches auxquelles je mêlais livré sur 1rs sources de son « Convive de Pierre ». Je lui purin, s de notes que j avais recueillies et dont je comptais tirer parti dans l'avenir. <• IVon pas, me répondit-il vivement, c'est dès aujourd'hui qu'il faut mus mettre à f œuvre, et ce n'est pus la seule question des origines qu'il faut imiter, c'est l'histoire complète de la légende. Elle est à faire. » Et, s'animant, il m'exposa avec éloquence et amour ses idées sur le sujet; il m'en mon/m l'intérêt et la beauté; il leva toutes mes objections : ni la longueur de Cou wage, ni sa complexité, ni la nécessité pour celui qui l'entreprendrait de se familiariser davantage avec des littératures et avec des langues qu'il connaissait mal, n'étaient un obstacle. Il regrettait seulement que ses multiples travauxne lui permissent pas d'exécuter lui-même l'entreprise. Je fus gagné par son ardeur et sous son impulsion je commençai le travail dont je livre aujourd'hui au public I" première partie. La mort a
vin AVANT-PROPOS.
empêché Gustave Larroume't de le lire; mais 'pendant plusieurs années il ri a cessé de s'y intéresser; il en a arrêté avec moi le plan, les idées générales; il ma inspiré de ses conseils et de son goût. Je dois à sa mémoire ce respectueux témoignage de reconnaissance.
Je ne suis pas moins heureux d'exprimer les obligations que fui ii tous ceux qui, en France et à V étranger, m'ont aidé et parfois même guidé dans les investigations multiples et confuses que f ai dû faire. L'auteur de la première élude critique vraiment sérieuse sur la légende de Don Juan, M. le professée r Arturo Farinelli, a mis u ma disposition, avec une amabilité et une générosité dont je ne saurais assez lui dire ma gratitude, les riches documents bibliographiques patiemment amassés par lui. Ses indications et ses jugements m'ont été infiniment précieux. Je ne peux, d'autre part, me rappeler sans émotion les heures que, dans ce cadre merveilleux du Salzkammergut à Gmunden, sue les bords du Traunsee, j'ai passées auprès de lui à causer de Don Juan. Certes, en plus d'un endroit, mes conclusions diffèrent des siennes, et je n'ai pas considéré le sujet du même point de eue; mais je tiens à dire que, sans ses travaux et sans les notes manuscrites qu il a bien voulu me communiquer, je me serais heurté, sur la question des origines, notamment , // des difficultés à peu près insurmontables. Le premier. M . Farinelli a entrepris une étude scientifique de la légende de Don Juan, et renoncé aux fantaisies et aux déclamations littéraires auxquelles prête une semblable matière. On ne saurait lui en avoir trop de gré. Pour ma part. je me reconnais sou tributaire et lui "dresse Vhommage de ce qu'il peut y avoir de bon dans nom propre travail.
M. Morel-Fatio, .1/. Rouanet, M. Martinenche, M. Reynier né mit donné d'utiles indications touchant la partie espagnole du