INSCRIPTION ROMAINE
Parmi les monuments artistiques, nous enregistrons le fac-simile d’une inscription historique, taillée en pierre et murée au cheeur de |’église. Sur les trois copies en platre qu'on a lirées, une a élé envoyée au savant Rossi, 4 Rome; la seconde a été adressée au RR. P. Du Buck; la troisiéme est conservée dans les archives de I’église de Sainte-Ursule 4 Cologne. C’est sur cette troisiéme épreuve que nous avons obtenu la photographie insérée dans cet ouvrage. — puancue XXII.
Nous reproduisons ici le texte latin et la traduction de ce curieux monument du cinquiéme ou sixieme siécle.
Divinis flammeis visionibus frequenter admonitus et virtutibus magnz majestatis martyrii celestium virginum minentium ex partibus Orientis exhibitus, pro voto Clematius VC de proprio in loco suo hance Basilicam, voto, quod dedebat, a fundamentis restituit. Si quis autem super tantam majestatem hujus Basilice, ubi sancte virgines pro Nomine Xpi sanguinem suum fuderunt, corpus alicujus deposuerit, exceptis virginibus, sciat se sempiternis tartart ignibus puniendum.
« Le conseiller Clématius quitta / Orient, incité par d’éclatantes visions divines et attiré par
les vertus et I’éclat majestueux du martyre des vierges célestes. En accomplissement d’un
veeu, il fit rétablir 4 partir des fondements cette église. Si nonobstant la majesté de cette
Basilique, érigée sur le terrain méme oti les saintes vierges ont répandu leur sang pour la
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gloire de Jésus-Christ, quelque personne déposait des corps, autres que ceux des saintes
vierges, quelle sache que les peines du feu éternel l’atteindront. »
' Prosper Tarbé, Trésors des églises de Reims, 1843, peo.
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Une autre inscription a un rapport historique avec la précédente; elle se trouve sur un mausolée par-dessus le sol de l’église, porté par des piliers. Sur l'un des cétés latéraux on lit :
Clematius hoc templum Ao. 462 restaurans, in eo ahorum corporum sepulturam sub pana vetuit.—Viventia bis hic sepulta, toties a terra ejecta, modo hoc mausolzxo inclusa.—Ao. 644.
« Clematius, qui a restauré ce temple l’'an 462, a interdit sous une peine grave d’y enterrer « d'autres corps. »
Sur l’autre cote :
« Viventia, enterrée dans ce lieu a deux reprises, autant de fois rejetée par la terre, est « maintenant recluse dans ce mausolée. » —Sur le front: « Ao. 644, »
Viventia passe pour avoir été la fille de Pépin d’Heéristal décédée en bas age.
On était persuadé que la terre de cette église refusait de garder aucun corps privé de vie, fiit-ce méme celui d’un enfant qui y aurait été enterré apres avoir été régénéré par les eaux du baptéme, et qu'elle les rejetait pendant la nuit. Au témoignage de Lindanus, on regardait ce fait comme un signe manifeste de la volonté de Dieu, qui ne permettait pas qu’un corps reposat parmi les tombes des saintes vierges.
Il ne se trouve, excepté les inscriptions ci-dessus, aucune trace littéraire qui conduise a l’époque ou l'église a été batie ; la construction romane de la nef et de ses cdtés latéraux parait devoir étre remise entre la fin du onzieme et le commencement du treiziéme siécle.
La voite de la nef et la tour sont des parties qui appartiennent a une période postérieure. Le cheur de l’église, ainsi que les deux ailes vers le nord et le sud, appartient au dixseptieme siécle '.
Une des piéces les plus intéressantes que nous ayons 4 mentionner dans cette troisiéme partie de notre ouvrage est la description des reliques conservées dans la chambre d’or et dans l'intérieur de l’église de Sainte-Ursule a Cologne.
Nous devons ces précieux détails 4 l’intéressant opuscule de M. l’'abbé Vill; nous ne pou-
vions souhaiter un guide plus éclairé et plus jadicieux :