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le temple pour appeler sur Ja caravane les graces du Ciel.
Pour que de faibles créatures eussent le courage héroique
d’une traversée presque surhumaine, il fallait une foi
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ardente, une ame dévorée par l’amour. Oui, ce sublime
amour les exaltait, détruisait tous les obstacles, aplanissait
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les montagnes, changeait les souffrances en joies, confondait
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les cceurs orgueilleux et laissait 4 l’admiration des siécles le
prodige le plus frappant des triomphes de la faiblesse.
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ll est vrai que Celui qui avait guidé le peuple hébreu 8 tra-
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vers le désert assistait ouvertement ces glorieuses phalanges.
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Trois jours de marche suffisent pour passer du Rhin chez
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les Helvétes. On apercoit bient6t au sommet des monts juras-
siens les colonnes des vierges. De ces hauteurs verdoyantes
les regards planent sur la Gaule et les Alpes.
Grace aux aqueducs romains, on peut franchir sans
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obstacles et l’Arar — la Saéne — aux flots calmes, et le
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Rhodanum — le Rhone — au courant impétueux.
En passant par Lugdunum — Lyon, — les vierges vont in-
voquer et Pothin et Polycarpe, coller leurs lévres sur la co-
lonne 4 laquelle fut attachée la vierge martyre Blandine.
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