Cunceif. inscr. of West. As., t. 2., pl. ss, col
plus exactement dans la bande zodiacale; car dans la curieuse tablette 158
qui enregistre les douze noms divers donnés à la planète Mercure pendant chacun des mois de l’année, ? nous voyons cet astre prendre celui de « poisson de Nisruk > au mois de addaru, le dernier de l’année, c’est-à-dire précisément à l'époque où Mercure, accompagnant toujours de très-près le Soleil, se trouve avec lui dans le signe des poissons, autrement dit, pour les astronomes babyloniens, dans le catastérisme du « poisson de Nisruk. » C’est pour cela que lorsque certains cylindres réunissent côté à côte deux dieux-poissons, exactement semblables, "° nous y reconnaissons Be/-Dagan et Nisruk. Quelquefois la représentation de la première triade divine est complétée par la figure d’Anw, dans ce cas complètement
homme, entre les deux personnages ichthyomorphes. '£!
Si nous nous transportons maintenant dans d’autres contrées de l'Asie, où la religion était de la même famille que celle des bords de l'Euphrate et du Tigre, nous rencontrons
chez les Philistins Dagon, le dieu ichthyomorphe par excellence, Fe
identique au Bel- Dagan chaldéo-assyrien, dont le nom, JT, dérive de 37, « poisson, » et qui, sur certaines médailles du temps des Achéménides, est représenté avec une queue de poisson. 3 La même figure est donnée au Be/-Ttan phénicien, adoré comme un dieu-poisson à Itanus de
Crète et dont l’image sert de type aux monnaies de cette ville. ee
La notion des dieux-poissons passa d’Asie en Grèce et constitue un des côtés de la religion hellénique où l’on peut le moins contester l'influence orientale. "5 Les vases peints grecs d’ancienne date, dits de style asiatique, nous offrent souvent la représentation de personnages divins ichthyomorphes, auxquels il est assez difficile de donner des noms précis. 6 Ces figures sont certainement imitées de monuments des arts de l'Asie, et l'on en remarque même une qui reproduit trait pour trait le Dagon des médailles frappées sous les Achéménides que nous citions tout à l'heure. 7 On ne peut douter que, par un des côtés les plus importants de sa conception première, Posidon ne fût originairement un dieu-poisson. Mais à la belle époque, chez les Grecs, la pureté du goût a porté les artistes à déguiser ce caractère monstrueux, pour ne pas nuire à la majesté dans la représentation de Neptune. Les divinités d’un ordre inférieur sont les seules dont le corps, sur les monuments purement helléniques, se termine en queue de poisson. Quant au roi des mers, les artistes ont imaginé un certain nombre de procédés pour exprimer sa nature ichthyomorphe, sans y ajouter l’appendice caractéristique qui répugnait au sentiment du beau. C’est ainsi qu’ils le font monter sur un hippocampe ou sur quelque autre monstre