Ibid., n
deux personnages supportés chacun par un cône, ou par un cippe de forme conique. Les ex-voto du temple de Tanith ou de la Dea coelestis à Carthage présentent une figure semblable, munie d’une tête et de bras. 24 On a même découvert dans les ruines de cette dernière ville un cône de dimensions considérables, qui avait évidemment servi d’idole, 26$ et un autre dans la Giganteja du Gozzo. #6 Enfin diverses parties de la Grèce ont fourni des cônes de terre cuite, dont quelques-uns avec l'inscription ADPOAEITH. 287
Tout montre ainsi que le cône, une des trois formes divines par excellence (les deux autres sont la sphère et le cylindre), suivant une célèbre inscription découverte à Pergame, 268 Où le culte de la Vénus de Paphos était florissant, fut, sinon exclusivement, au moins principalement consacré à cette grande déesse. Mais le cône, comme le Lingam indien, n’est qu’une figure déguisée et épurée du phallus; les académiciens d’Herculanum l'ont entrevu les premiers *°; après eux Creuzer 7° et M. Guigniaut 7! en ont complété la démonstration de la manière la plus positive. Clément d'Alexandrie 7? et Arnobe 7? racontent que l’on distribuait des phallus aux initiés du temple de Paphos; mais Münter a fort bien établi que ce devaient être seulement de petits cônes analogues à ceux, si multipliés dans les collections d’antiquités, qui portent gravé sous le plat un sujet de travail asiatique. *7* C’est ainsi qu’au commencement du seizième siècle avant notre ère, nous voyons un marchand grec de Naucratis, nommé Hérostrate, rapporter de Paphos dans sa patrie une petite image de la déesse, d’un palme de longueur, qui y devint l'objet d’un culte important. 775 Tout ceci nous donne le droit de supposer que les deux grands phallus que Lucien ?76 dit avoir vus en avant du temple d’Hiérapolis de Syrie ou Bambyce, devaient être des cônes analogues à celui de PAstarté Paphienne, et sans doute reproduire le même type que les moughazil qui se dressent encore aujourd’hui au milieu des ruines de l'antique Marathus. 77
Voici donc lorgane de la virilité employé comme le symbole et la figure d’une divinité féminine, telle qu'Astarté ou Vénus. La même idée est impliquée par le nom de Ken