Vory. de Witte, Rev. numism., nouv. sér., 1864, P
Les considérations qui précèdent feraient peut-être attendre dans l'époux de Sémiramis, la déesse virile et guerrière, un personnage ambigu dans l’autre sens, un dieu complétement androgyne, comme l’Agdestis de Phrygie, ?” ou bien un dieu mâle dont l’hermaphroditisme fondamental se révélerait par ses allures efféminées, comme chez les Grecs Dionysus à l'aspect indécis, que M. Guigniaut ?? a si bien défini « la personnification mâle du principe féminin, >» comme en Asie Mineure Atys l’'émasculé, ?* appelé Aui0nkvs par Anacréon, %# et Midas, dans la légende conservée par Athénée, % où il a le costume et les occupations d’une femme, comme en Phénicie Adonis, que Ptolémée Héphestion LE dit positivement hermaphrodite 37 et que les Orphiques appellent xodpn rai xépog. 315 Pourtant il en est autrement dans la légende; le principal époux qu’elle donne à Sémiramis, Ninus, na rien d’efféminé; il offre à nos regards l'énergie guerrière et la puissance virile dans toute sa force.
Le couple de Ninus et de Sémiramis, tel que le peint la légende, est dans le cycle des personnifications héroïques la reproduction exacte du couple d’Adar-Samdan et Is’tar, tel que nous l’offrent de nombreux cylindres, où le dieu mâle et la divinité féminine sont également guerriers, armés de la même manière, vêtus également l’un et l’autre de la robe royale et coiffés de la tiare. *? Et ce rapprochement ne nous parait pas fortuit; de même que Sémiramis est une forme d’Zs tar, Ninus, à nos yeux, n’est autre qu’une forme d’Adar-
Samdan. C’est ce qu'avant nous a déjà reconnu sir Henry Rawlinson, **°
avec qui nous sommes heureux de nous trouver d'accord, bien que tous ses arguments ne nous semblent pas acceptables. Ce dieu Adar-Samdan est en effet l'Hercule assyrien, et un héros guerrier et conquérant de ce pays doit nécessairement se confondre avec lui. * D'ailleurs Tacite ** nous le montre comme le dieu spécial du canton de Ninive, et, par conséquent, c’est lui qui doit avoir fourni dans le cycle des légendes les traits du héros éponyme de cette ville. Rappelons-nous d’ailleurs que la pyramide sacrée du palais de Ninive était désignée par la voix populaire comme le tombeau de Ninus, et que c’est au même endroit qu’une autre légende, qui sera étudiée dans le second de ces mémoires, plaçait le tombeau de
Sardanapale, lequel, comme nous le montrerons et comme Ottfried Müller Pa établi