Moniteur du 26 septembre
« Misérables, s'écria-t-il, voilà (montrant son bras), voilà l'arrêt de mort des dictateurs l ! »
Voici les doctrines que Cambon apportait à la tribune, au nom des comités des finances, militaire et diplomatique.
Il faut que nous nous déclarions pouvoir révolutionnaire dans les pays où nous entrons... Il serait inutile de déguiser notre marche et nos principes. Déjà les tyrans les connaissent... lorsque nous entrons dans un pays ennemi, &est à nous à sonner le tocsin. Si nous ne le sonnions pas, si nous ne proclamions pas solennellement la déchéance des tyrans et des privilégiés, le peuple, accoutumé d'être enchaîné, ne pourrait briser ses fers, il n'oserait se lever, nous ne lui donnerions que des paroles et aucune assistance etiective. — Ainsi donc, si nous sommes pouvoir révolutionnaire, tout ce qui existe de contraire aux droits du peuple doit être abattu dès que nous entrons dans le pays. En conséquence, il faut que nous proclamions nos principes en détruisant toutes les tyrannies et que rien ne nous arrête dans nos résolutions... Il faut détruire toutes les autorités existantes.
Cambon proposait ensuite, au nom des trois comités, un décret en neuf articles. Les articles 2 et 9 portaient :
Art. 2. Dans les pays qui sont ou qui seront occupés par les généraux de la lépubliaue française, les généraux proclameront la souveraineté du peuple et la suppression de toutes les autorités existantes; ils convoqueront de suite le peuple en :issemblées primaires ou communales pour créer et organiser une administration provisoire.
Art. 9. L'administration provisoire nommée par le peuple (it les fonctions des commissaires nationaux nommés par le conseil exécutif cesseront aussitôt après que les habitants, f près avoir déclaré la souveraineté du peuple, la liberté et l'indépendance, auront organisé une forme de gouvernement libre et populaire.
C'était la mise en pratique de cette politique que 1. Moniteur du 31 octobre 1792.
Robespierre, dans son discours du 2 janvier 1792, avait, à si juste titre, qualifiée d' extra l'agante, et qui consistait à « établir partout des municipalités, des directoires et des assemblées nationales ».
Que le rapport de Cambon et le décret adopté dans la séance du 15 décembre 1792 fussent surtout l'œuvre de la Gironde, c'est ce que la discussion mit en pleine lumière. C'est sur l'initiative de Buzot que fut voté l'article 3 du décret, déclarant inéligibles tous les individus ci-devant nobles ou membres de quelques corporations ci-devant privilégiées. Cette proposition de Buzot, appuyée par Boyer-Fonfrède et Barbaroux, fut énergiquement combattue par les membres de la Montagne, Basire, Charlier, Camille Desmoulins. Camille s'écria : « Ce sont les nobles qui ont fait la révolution des Belges et vous voudriez les exclure ^ ! »
Au mois d'avril 1791, Brissot et les Girondins ont fait déclarer la guerre à l'Autriche et, par suite, à la Prusse. Au mois de février 1793, Brissot et les Girondins provoquent une guerre nouvelle contre l'Angleterre et contre la Hollande. Dans la séance du 12 janvier, Brissot avait fait un rapport, au nom du comité diplomatique, réuni aux comités de marine et de défense générale. Il avait afllrmé, en homme sûr de son fait, que l'Angleterre n'avait ni argent, ni hommes, ni vaisseaux, qu'elle était hors d'état de contracter des emprunts et se trouvait ainsi réduite à l'impuissance la plus absolue; et de ces prémisses longuement développées, il avait tiré cette conclusion que « la république française ne devait pas craindre