II AVERTISSEMENT
et que, par endroits, il y avait vraiment surabondance de preuves. On noiis a fait remarquer, avec une grâce toute bienveillante, que nous avions tort de vouloir, comme le maître d'armes de M. Jourdain, tuer notre homme par raison démonstrative, et qu'il serait préférable de le combattre par de vives raisons. Touché de cette observation et très désireux d'y faire droit, nous nous sommes demandé s'il n'y aurait pas lieu, en etfet, de restreindre certains développements, d'élaguer quelques preuves. Après avoir hésité longtemps, nous nous sommes décidé à n'en rien faire ; mais encore convient-il que nous disions ici pourquoi.
L'objet du présent livre est de combattre, en ce qui concerne les hommes de la Gironde, l'opinion universellement reçue, celle de tous les historiens, celle de tous les lecteurs ; car la légenclé des Girondins a des dévots dans tous les partis, même dans le parti royaliste. Moins que persoriiie, nous nous dissimulons ce qu'une pareille entreprise a de téméraire. Pour la faire excuser, nous n'avions qu'un moyen, c'était de fournir une démonstration complète ; c'était d'appuyer nos affirmations d'un cortège nombreux de documents et de preuves. Nous nous plaisons à espérer que le lecteur en jugera comme nous sur ce point, et qu'il reconnaîtra que les développements dans lesquels nous sommes entré, pour longs qu'ils soient,