‹ La légende des GirondinsChapitre 212 sur 274 · Moniteur du 7 septembre · texte numérisé non relu

Moniteur du 7 septembre

primer les contre-révolutionnaires, à exécuter, partout où besoin sera, les lois révolutionnaires et les mesures de salut public, qui seront décrétées par la Convention nationale.

Dans la séance du 17 septembre, Merlin (de Douai) présente, au nom du Comité de législation, le mode d'exécution de la loi relative aux gens suspects, votée le 12 août précédent. Ce projet de décret, cette loi des suspects, — la plus monstrueuse, la plus atroce de toutes les lois de la Révolution, — n'a pas eu, plus que les précédentes, le don d'émouvoir les députés de la Gironde et de les décider à rompre le silence ; ils l'ont votée sans phrases l.

Tel a été, du 3 juin au 3 octobre, le rôle des Girondins restés à la Convention. Tout au plus peut-on citer, à leur décharge, quelques paroles courageuses au sujet des proscrits, et spécialement de Vergniaud, prononcées par Boyer-Fonfrède, Ducos et Doulcet de Pontécoulant ; — et, ce qui vaut mieux que des paroles, quelques actes honorables, celui de Mazuyer, par exemple, facilitant, au péril de sa liberté et de sa vie, l'évasion de son collègue Petion 2. Mais, en dehors d'un petit nombre de paroles et d'actes purement individuels, qui furent véritablement dignes d'estime, la conduite des membres de la Gironde, pendant ces quatre mois, n'a été qu'une longue suite de faiblesses et de capitulations. Ils ont fait à la Montagne tous les sacrifices, même celui de leur honneur, affectant, pour se sans-ciUotUser, de traverser la salle en lisant dévotement le Père Duchesne 3 ; laissant passer, sans protester jamais, les discours les plus atroces, les décrets les plus affreux, et suivant chaque jour,

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