SAINT PRIME ET SAINT FELICIEN
liais la vérité et que j'ai choisi de vivre pour Dieu : ii peut me délivrer de tes mains. » Alors le président commanda de le lier et de l'attacher avec des clous par les mains et par les pieds : « Tu resteras ainsi, lui dît-il, jusqu'à ce que tu consentes à nous obéir. » Comme le visaçe du martyr était toujours joyeux, le président ordonna qu'on le torturât sur place et qu'on ne lui sentît aucun aliment. Après cela, il se fit amener saint Prime, et lui dit : « Eh bien ! ton frère a consenti à obéir aux décrets des empereurs, en conséquence, il est vénéré comme un i^and personnage dans un palais : fais donc comme lui. » « Quoique tu sois le fils du Diable, répondit Prime, tu as dit la vérité en un point, quand tu avançais que mon frère avait consenti à exécuter les ordres de l'empereur du ciel. » Aussitôt le président en colère lui fit briller les cotés et verser du plomb fondu dans la bouche, sous les yeux de Félicien, afin que la terreur s'emparât de ce dernier : mais Prime but le plomb avec autant de plaisir que de Veau fraîche. Le président irrité fit alors lâcher deux lions contre eux, mais ces animaux vinrent se jeter aussitôt à leurs pieds, et restèrent à côté d'eux rx>mme desaçneaux pleins de douceur. 11 lâche encore deux ours cruels qui deviennent doux comme les lions. Il y avait plus de douze mille hommes qui assistaient à ce spectacle. Cinq cents d'entre eux crurent au Seig^neur. Le président fit alors décapiter les deux martyrs et jeter leurs corps aux chiens et aux oiseaux de proie qui les laissèrent intacts. Les chrétiens leur donnèrent alors une honorable sépulture. Ils souffrirent vers Tan du Seiçneur 287.
Barnabe veut dire fils de celui qui vient, ou bien fils de consolation, ou fils de prophète, ou fils qui enserre. Quatre fois il a le titre de fils pour quatre sortes de filiation. L'écriture donne ce nom de fils, en raison de la génération, de rinstruction, de l'imitation, et de l'adoption. Or, il fut régénéré par J.-C. dans le baptême, il fut instruit dans l'évangile, il imita le Seigneur par son martyre, et il en fut adopté par la récompense céleste. Voilà pour ce qui le regarde lui-même. Voici maintenant ce qui le concerne quant aux autres : il fut arrivant, consolant, prophétisant et enserrant. Il fut arrivant, parce qu'il alla prêcher partout : ceci est clair, puisqu'il fut le compagnon de saint Paul. Il consola les pauvres et les affligés, les premiers en leur portant des aumônes, les second» en leur adressant des lettres de la part des apôtres : Il prophétisa puisqu'il fut illustre en annonçant les choses à venir; il fut enserrant, c'est-à-dire qu'il réunit et rassembla dans la foi une multitude de personnes; la preuve en est dans sa mission à Antioche. Ces quatre qualités sont indiquées dans le livre des Actes (ii). C'était un homme y mais un homme de courage, ce qui a trait à la première qualité, bon^ c'est pour la seconde, plein du Saint-Esprit, voilà pour la troisième, ei fidèle ou plein de foi^ ceci regarde la quatrième ({ualité. Jean le même que Marc son cousin compila son martyre. Il en est question principalement à partir de la vision de ce Jean, jusque vers la fin. On pense que Bède le traduisit du grec en latin *.
Saint Barnabe, lévite originaire de Chypre, l'un des 72 disciples du Seigneur, est souvent mentionné avec de grands éloges dans l'histoire des Actes. II fut admirablement formé et disposé en ce qui le regardait per-
'^ Bède est ici cité à tort, on ne trouve dans le Vénérable rien de cette traduction.
sunnellement, par rapport à Dieu et par rapport au prochain.
I. Pour ce qui était de lui, il était bien organisé dans ses trois puissances, la rationnelle, la concupiscîble et l'irascible; 1° sa puissance rationnelle était éclairée par la lumière de la connaissance : c'est pour c«Ia qu'il est dit dans les Actes : a II y avait, dans Véglise qui était à Anlioche, des prophètes et des docleurs, entre lesquels étaient Barnabe, Simon, etc. » (xiii) ; 2* sa puissance concupiscible était dégagée de la poussière des affections mondaines : car il est dit aux Actes (iv) que Joseph surnommé Barnabe vendit uii fonds de terre qu'il possédait : il en apporta le prix et le mit aux pieds des apôtres : c'est ici que la glose ajoute : il donne une preuve qu'il faut se dépouiller de ce à quoi il évite de toucher, et il enseigne à fouler un or qu'il métaux pieds des apôtres ; 3" sa puissance irascible était appuyée sur une grande probité, soit qu*il entreprît avec ardeur des choses difficiles, soit <|U*il mît de la persévérance dans des actes de courage, suit qu'il fût constant à soutenir l'adversité. Il entreprit avec ardeur des choses difficiles, cela est évident par ses travaux pour convertir cette immense cité d'Anlioche, comme il est écrit au ix** chapitre des Actes : eu effet saint Paul, après sa conversion, voulut venir à Jérusalem et se joindre aux disciples ; et quand tout le monde le fuyait comme les agneaux font du louj), I^arnabé fut assez audacieux pour le prendre et le mener aux apôtres. Il mit de la persévérance dans ses actes de courage, en macérant son corps et er) le réduisant par les jeûnes : aussi est-il dit aux Actes (xiri) H. 9-
de Barnabe el de quelques autres : « Pendant qu'ils rendaient leur culte au Seigneur et qu'ils jeûnaient, le Saint-Esprit leur dit : Séparez-moi Paul et Barnabe pour l'œuvre à laquelle je les ai destinés. » Il fut constant à soutenir l'adversité d'après le témoignage que lui en rendent les apôtres en disant (Actes, xv) : « Nous avons jugé à propos de vous envoyer des personnes choisies, avec nos très chers Barnabe et Paul, hommes qui ont exposé leur vie pcTur le nom de N.-S. J.-C, » II. Il fut bien formé par rapport à Dieu. II déférait à son autorité, comme aussi à sa majesté et à sa bonté. 1® Il déférait à l'autorité de Dieu, puisqu'il ne prit pas de son chef la charge de la prédication, mais qu'il voulut la recevoir de l'autorité divine, comme il est rapporté aux Actes (xiii). Le Saint-Esprit dit : « Séparezmoi Paul et Barnabe pour l'œuvre à laquelle je les ai destinés. » 2^ Il déférait à sa majesté. On lit en effet au xiv« ch. des Actes que certaines personnes voulaient le traiter comme une majesté divine et lui immoler des victimes comme on fait à Dieu, en l'appelant Jupiter, parce qu'il paraissait le plus recommandable, et en donnant à Paul le nom de Mercure, en raison de sa prudence et de son éloquence ; aussitôt Barnabe et Paul déchirèrent leurs vêlements et s'écrièrent : « Mes amis, que voulez-vous faire? Nous sommes des hommes mortels comme vous, qui vous annonçons de quitter ces vaines idoles, pour vous convertir au Dieu vivant. » V 11 déférait à la bonté de Dieu. En effet on trouve dans les Actes (xv) que quelques-uns des Juifs convertis voulaient rélrécir et diminuer la bonté de la grAco de Dieu, bonté ([ui nous sauve gratuitement
SAINT BARNAB£y APOTRR i3i>
indépendamment de la loi, avançant que la grâce sans la circoncision était tout à fait insuffisante ; Paul et Barnabe leur résistèrent avec force, en montrant que la bonté seule de Dieu suffisait sans les pratiques commandées par la loi : en outre ils portèrent la question au tribunal des apôtres dont ils obtinrent des lettres qui proscrivaient ces erreurs.
III. Il fut admirablement disposé par rapport au prochain, puisqu'il nourrit son troupeau par sa parole, par son exemple et par ses bienfaits. 1^ Par sa parole, en évangélisant avec grand soin la parole de Dieu. En effet les Actes disent (xv) : « Paul et Barnabe demeurèrent à Ântioche, où ils enseignaient et annonçaient avec plusieurs autres la parole du Seigneur. » Ce qui est évident encore par cette foule immense qu'il convertit à Antioche ; de sorte que ce fut là que les disciples commencèrent à être appelés chrétiens. 2** Par son exemple, puisque sa vie fut pour tous un miroir de sainteté et un modèle de religion. Dans toutes ses actions, en effet, il fut homme de cœur et religieux, intrépide, distingué par la douceur de ses mœurs, tout rempli de la grâce du Saint-Esprit et illustre en toutes sortes de vertus et en foi. Ces quatre qualités sont énumérées dans ces paroles des Actes (xv) : « Ils envoyèrent Barnabe à Antioche » ; et ailleurs (xi) : « Il les exhortait tous à demeurer dans le service du Seigneur avec un cœur ferme ; parce que c'était un homme bon, rempli de l'Esprit-Saint et de foi. » 3® Par ses bienfaits. Or, il y a deux sortes de bienfaits, deux aumônes, d'abord, la temporelle qui consiste à donner le nécessaire, ensuite la spirituelle qui consiste à par-
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donner les injures. Barnabe pratiquait la première quand il porta Taumône aux frères qui étaient à Jérusilem, d'après le xi« ch. des Actes : « Une grande famine, selon que l'avait prédit Agabus, étant survenue sous le règ^ne de Claude, les disciples résolurent d'envoyer, chacun selon son pouvoir, quelques aumônes aux frères qui demeuraient en Judée. Ils le firent en effet, les adressant aux anciens, par les mains de Barnabé et de Paul. » 11 pratiquait la seconde, puisqu'il pardonna l'injure que lui avait faite Jean surnommé Marc. Comme ce disciple avait quitté Barnabe et Paul, Barnabe ne laissa pas cependant que d'être indulgent pour lui, quand il revint avec repentir, et de le reprendre pour disciple. Paul ne le voulut pas recevoir, de là le sujet de leur séparation. En cela l'un et Taulre agissaient par des motifs et des intentions louables. Barnabe, en le reprenant, par douceur et miséricorde ; Paul ne le reçut pas par amour de la droiture. C'est pour cela que la glose dit à ce propos (Actes, x v) : « Jean avait résisté en face, tout en se montrant trop timide, alors Paul eut raison de l'éloigner de peur que la contagion du mauvais exemple de Jean ne corrompît la vertu des autres. » Cette séparation ne se fit pas par un emportement coupable, mais par l'inspiration du Saint-Esprit qui les faisait s'éloigner afin qu'ils préchassent à plus de monde ; et c'est ce qui arriva.
Car comme Barnabe était dans la ville d'Icône, Jean, son cousin, dont on vient de parler, eut une vision dans laquelle apparut un homme éclatant qui hii dit : « Jean, aie de la constance, car bientôt ce ne sera plus Jean, mais Elevé (excelsus).que tu seras
appelé. » Barnabe, informé de ce prodige par son cousin, lui dit : « Garde-loi bien de révéler à personne ce que tu as vu ; car le Seigneur m'a apparu aussi cette nuit en me disant : a Barnabe, aie de la cons- « tance, car tu recevras les récompenses élernelles, « pour avoir quitté ton pays, et avoir livré ta vie pour « mon nom. » Lors donc que Paul et Barnabe eurent prêché pendant long-temps à Antioche, un ange du Seigneur apparut aussi à Paul et lui dit : « Ilâte-toi d*aller à Jérusalem, car quelqu'un des frères y attend Ion arrivée. » Or, Barnabe voulant aller en Chypre pour y visiter ses parents, et Paul se hâtant d*aller à Jérusalem, ils se séparèrent par l'inspiration du Saint- Esprit. Alors Paul communiqua à Barnabe ce que Fange lui avait dit. Barnabe lui répondit : « Que la volonté du Seigneur soit faite ; je vais aller en Chypre, j'y finirai ma vie et je ne te verrai plus désormais. » Et comme il se jetait humblement aux pieds de Paul en pleurant, celui-ci, touché de compassion, lui dit : « Ne pleurez pas; puisque c'est la volonté du Seigneur; il m'est aussi apparu cette nuit et m'a dit: « N'empêche pas Barnabe d'aller en Chypre ; car il y éclairera beaucoup de monde et il y consommera son « martyre, j» En allant donc en Chypre avec Jean, Baru nabé porta avec lui FEvangile de saint Mathieu ; il le posait sur les malades, et il en guérit beaucoup par la puissance de Dieu. Sortis de Chypre, ils trouvèrent Elymas, le magicien que saint Paul avait privé de la vue pour un certain temps : il leur fit de Topposition et les empêcha d'entrer à Paphos. Un jour Barnabe vil des hommes et des femmes nus qui cou-
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raient ainsi pour célébrer leurs fêtes. Il en fut rempli (l*indignation ; il maudit le temple, et à Tinstant il s'en écroula une partie qui écrasa beaucoup d'infidèles.
Enfin il vint à Salamine : ce fut là que le magicien Elymas, dont on vient de parler, excita contre lui une grande sédition. Les Juifs se saisirent donc de Barnabe qu'ils accablèrent de nombreuses injures ; ils le traînèrent en toute hâte au juge de la ville pour le faire punir.
Mais quand les Juifs apprirent qu'Eusèbe, personnage important et fort puissant, de la famille de Néron, était arrivé à Salamine, ils craignirent qu'il ne leur arrachât des mains le saint apôtre, et ne le laissât aller en liberté : alors ils lui lièrent une corde au cou, le traînèrent hors de la porte de la ville où ils se hâtèrent de le brûler. Enfin ces Juifs impies, n'étant pas encore rassasiés de celte cruauté, renfermèrent ses os dans un vase de plomb, pour les jeter dans la mer: mais Jean, son disciple, avec deux autres chrétiens, se leva durant la nuit, les prit et les ensevelit en secret dans une crypte où ils restèrent cachés, au rapport de Sigebert, jusqu'au temps de l'empereur Zenon et du pape Gélase, en l'année 500, qu'ils furent découverts par une révélation du saint lui-même. Le bienheureux Dorothée dit que Barnabe prêcha d'abord J.-C. à Rome, et fut évêque de Milan.
Vitus est ainsi Domnié de rt> : or, saint Augustin dans son livre de la Cité de Dieu** distingue trois genres de vie, savoir une vie d'action, ce qui se rapporte à la vie active ; une vie de loisir, ce qui se rapporte au loisir spirituel de la vie contemplative, et une troisième, composée des deux autres. Et ces trois genres de vie résidèrent en saint Vitus. Ou bien Vilus vient de vertu, vertueux.
Modeste, qui se tient dans un milieu, savoir, le milieu do la vertu. Chaque vertu tient le milieu entre deux vices qui Tcntourent comme deux extrêmes. Car la prudence a pourextrénics la ruse et la sottise; les extrêmes de la tempérance sont Tacco m plissement des désirs de la chair et toute espèce d'affliction qu'on s'impose ; les extrêmes de la grandeur d'âme sont la pusillanimité et la témérité ; la justice a pour extrêmes la cruauté et l'indulgence.
Vitus, enfant distingué et fidèle, souffrit le martyre en Sicile, à l'âge de douze ans. Il était souvent frappé par son père pour mépriser les idoles et pour ne vouloir pas les adorer. Le président Valérien, informé de cela, fit venir Tenfant qu'il fit battre de verges, parce qu'il refusait de sacrifier aux idoles. Mais aussitôt les bras des bourreaux et la main du préfet se séchèrent. Et ce dernier s'écria : « Malheur à moi ! car j'ai perdu Tusage de ma main. » Vitus lui dit : « Que tes dieux viennent te guérir, s'ils le peuvent. » Valérien lui répondit : « Est-ce que tu ne le pourrais pas ? » « Je le puis, reprit Vitus, au nom de mon Seigneur. » Alors
* Martyrologe d'Adon.
Lib. XIX, II, 19.
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Teiifant se mil en prières et aussitôt le préfet fut guéri. Et celui-ci dit au père : « Corrige ton enfant, de peur qu'il ne périsse misérablement. » Alors le père ramena son enfant chez soi, et s'efforça de changer son cœur par la musique, par les jeux avec des jeunes filles et par toutes sortes de plaisirs. Or, comme il l'avait enfermé dans une chambre, il en sortit un parfum d'une odeur admirable qui embauma son père et toute sa famille. Alors le père, regardant par la porte, vit sept anges debout autour de l'enfant : « Les dieux, dit-il, sont venus dans ma maison », aussitôt il fut frappé de cécité. Aux cris qu'il poussa, toute la ville de Lucana fut en émoi, au point que Valérien accourut et demanda au père de Vitus quel malheur lui était survenu. « J'ai vu, lui répondit-il, des dieux de feu, et je n'ai pu supporter Téclat de leur visage. » Alors on le conduit au temple de Jupiter, et pour recouvrer la vue il promet un taureau avec des cornes dorées: mais comme il n'obtenaft rien, il pria son fils de le guérir ; et par ses prières, il recouvra la vue. Or, cette merveille elle-même ne lui ouvrait pas les yeux à la foi, mais au contraire il pensait à tuer son fils; un ange du Seigneur apparut alors à Modeste, son précepteur, et lui ordonna de monter à bord d'un navire pour conduire l'enfant dans un pays étranger. II le fit ; un aigle leur apportait là leur nourriture, et ils opéraient beaucoup de miracles. Sur ces entrefaites, le fils <le l'empereur Dioclélien est saisi par le démon qui déclare ne point sortir si Vitus de Lucana ne vient. On cherche Vitus, et quand on Teul trouvé, on le mène à rcmpereur. Dioclélien lui dit : a Enfant, peux-tu gué-
rir mon fils ? » « Ce n'est pas moi, dit Vitus, mais le Seigneur. » Alors il impose les mains sur le possédé et à rinstant le démon s*enfuil. Et Dioctétien lui dit : <r Enfant, veille à tes intérêts et sacrifie aux dieux , pour ne pas mourir de malemort. » Comme Vitus refusait de le faire, il fut jeté en prison avec Modeste. Les fers dont on les avait garrottés tombèrent et le cachot fut éclairé par une immense lumière : cela fut rapporté à l'empereur, qui fit sortir et jeter le saint dans une fournaise ardente, mais il s'en retira intact. Alors on lâche, pour le dévorer, un lion furieux, qui fut adouci par la foi de l'enfant. Enfin on l'attacha sur le chevalet avec Modeste et Crescence, sa nourrice, qui Tavait constamment suivi. Mais soudain l'air se trouble, la terre tremble, les tonnerres grondent, les temples des idoles s'écroulent et écrasent beaucoup de personnes ; l'empereur lui-même est effrayé; il fuit en se frappant avec les poings et dit : « Malheur à moi ! puisque je suis vaincu par un seul enfant. » Quant aux martyrs, un ange les délia aussitôt, et ils se trouvèrent sur les bords d'un fleuve, où après s'être arrêtés quelque temps et avoir prié, ils rendirent leur âme au Seigneur.
Leurs corps gardés par des aigles furent trouvés par une illustre matrone nommée Florence à laquelle saint Vitus en fit la révélation. Elle les prit et les ensevelit avec honneur. Ils souffrirent sous Dioclétien qui commença à régner vers l'an du Seigneur 287.