‹ La Légion d'honneurChapitre 202 sur 209 · TITRE V · texte numérisé non relu

TITRE V

« Le grand chancelier de la Légion d^bonneur est chargé de faire, au moins une fois par an, une visite générale des maisons impériales, pour nous rendre compte de leur état et de leurs besoins; il fera tenir le conseil d'administration en sa présence, et recevra les plaintes qui pourraient lui être adressées, etc.

a Nous nous réservons également de statuer, par un décret spécial, sur les moyens d'accorder dans ces maisons des places aux veuves de membres de la Légion d'honneur, et une retraite momentanée aux femmes des membres de la Légion qui seraient absents pour notre service, d

'Un décret du i6 décembre 1809 nomma la reine de Hollande protectrice de l'Institut des maisons impériales d'Écouen et de Saint-Denis.

M. de Lacépède, grand chancelier de la Légion d'honneur, compléta l'organisation des deux matsons par des règlements qui furent mis en vigueur le 3 mars i8ri. Parmi les dispositions qui s'y trouvent renfermées, nous citerons celles relatives aux prières:

« Il y aura, tous les dimanches et tous les jours de fête, une grand'messe, un catéchisme et une instruction à la portée des élèves.

« Une première messe basse sera dite tous les dimanches et tous les jours de fête. Les vêpres seront chantées par les élèves tous les dimanches et fêtes.

CONCLUSION. m

« Il y aura salut toutes les grandes fêtes établies par le Concordat, et aux anniversaires des victoires de MarengOy d'Austerlitz, d'Iéna, de Friedland et de Wagram.

« Chaque année, dans la quinzaine qui suivra l'anniversaire de la bataille d'Iéna, il sera célébré une messe solennelle pour les parents, que les élèves auront perdus dans l'année, et l'un des aumôniers ou chapelains prononcera une instruction dans laquelle il rappellera les services des parents que les élèves auront perdus, etc. »

Pendant toute la durée de l'empire, le nombre des élèves des deux maisons demeura au grand complet : celle de Saint-Denis compta dans son sein jusqu'à cinq cents élèves. Napoléon ne cessa de montrer pour cette institution la plus vive sollicitude.

Les événements de i8i4 devaient natorelleOient apporter des changements dans l'état de celte fondation ; l'empire n'existant plus et la France étant réduite à ses anciennes limites, le nombre des élè* ves devait diminuer considérablement; l'on jugea qu'une seule maison suffirait pour les besoins du service. Une ordonnance royale supprima la mai« son d'Ëcouen. Madame Campan reçut une retraite et se retira à Mantes ; le délabrement de sa santé exigeait un repos absolu. Madame Dubouzet conserva la direction de la maison de Saint-Denis jusqu'au i*"* mars 1816 ^. A cette époque^ Louis XYIII nomma surintendante madame la comtesse Duquengo , femme d'un très-noble caractère j veuve d'un officier de marine tué à Quiberon. Madame Duquengo se retira volontairement en 1821 ; elle fut remplacée par madame la bai^onne de Bourgoing, veuve du baron de Bourgoing, célèbre diplomate, ambassadeur en Espagne avant' 1789 et ambassadeur en Suède sous le Consulat ; il avait été nommé commandant de la Légion d'honneur à la création. Madame de Bourgoing exerça, pendant douze années , les fonctions de surintendante.

La maison de Saint-Denis était administrée sous la haute direction du grand chancelier; rien ne s'y faisait sans ses ordres, sans son agrément : les modifications jugées nécessaires dans les règle-

' Madame la baronne Dubouzet reçut une pension de retraite de 6,000 francs» par ordonnance du roi du 3 mars x8i6-

ments, soit pour les études, soit pour le gouvernement intérieur, lui étaient soumises; sa volonté seule pouvait les sanctionner. Le secrétaire général suppléait le grand chancelier dans les moindres circonstances. Le nombre des élèves demeura constamment au complet, c'est-à-dire cinq cents, dont quatre cents gratuites et cent payantes. Le duc de Tarenteleur témoigna toujours une sollicitude vraiment paternelle ; l'intérêt qui l'animait à cet égard se produisit par des améliorations les plus généreuses.

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