‹ La Légion d'honneurChapitre 78 sur 209 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

à cheval de h garde , et le gênerai Dijeon , com« mandant une brigade de dragons '.

A la suite de ces diverses actions^ chaque maréchal envoya, selon l'usage, au quartier général son rapport^ accompagné d'un mérabire de proposition, tendant à obtenir en faveur des officiers et des soldats les récompenses qu'ils avaient méritées. Napoléon ne se montra point disposé à se rendre à leurs désirs, en raison du peu d'estime que lui inspiraient les ennemis qu'on venait de disperser. «Rien, disait-il, ne rappelle en eut la valeur des vétérans de Charles-Quint, ni la fermeté de cette infanterie espagnole que le grand Condé eut à combattre dans les champs de Rocroy. » Dominé par cette pensée, il remit à la fin de l'expédition la distribution des récompenses demandées : la réduction de Madrid fut indiquée comme le terme de la campa-

' Il importait que l'empereur fût instruit trèspromptement des succès obtenus par Lannes aiiprès de Tudela ; le sort de la campagne en- dépendait. Le chef d'escadron Saint-Mars, aide de camp du maréchal, s'était distingué d'une manière particulière durant l'action ; on le chargea d'aller porter au quartier général la nouvelle de cette victoire. La mission était des plus délicate : il s'agissait de percer à travers un pays hérissé de difficultés, couvert de bandes insurgées. M. de Saint-Mars surmonta tous les obstacles, s'ouvrit un chemin par la force, et arriva au terme de son voyage avec une célérité merveilleuse, ayant perdu en combattant les deux tiers des cavaliers qui ' composaient son escorte. L'empereur, satisfait des services rendus en cette occasion par l'intrépide aide de camp, le nomma à l'instant même ofïïcier de la Légion d'honneur.

gne. L'empereur frappa Itii-niéme le coup décisif qui devait amener le résultat tant désiré.

L'armée deCastille avait pris position en avant de Ségovie, au col de Sommo-Sierra, qui passait pour inexpugnable dans Topinion des Espagnols. Deux divisions françaises furent chargées d'aborder de droite et de gauche la position, en gravissant les pentes occupées par l'ennemi. Seize pièces de canon y placées sur la chaussée, défendaient l'entrée de la gorge; Napoléon ordonna d'un geste à Montbrun d'enlever cette artillerie avec la cavalerie. Ce général se précipita à la tête de sa colonne, dont les lanciers polonais formaient la majeure partie; il arriva sur les pièces, et s'en rendit maitre après avoir sabré tous les canonniers : la prise de cette artillerie devint, pour l'armée espagnole, le signal d'une fuite désordonnée (3o novembre). Quatre jours après la victoire de Sommo-Sierra, les Français rentrèrent dans Madrid. L'empereur établit son quartier général dans les environs de cette ville ; il y attendit deux semaines les rapports du général Gouvion Saint-Cyr, qui poursuivait la réduction de la Catalogne avec autant d'habileté que de valeur. Ce général, ayant pris Roses, battu les insurgés dans plusieurs actions sanglantes, était rentré en triomphe dans Barcelone.

L'empereur, ayant atteint le but qu'il s'était proposé, en rétablissant son frère Joseph dans la capitale de l'Espagne, transporta son quartier général à Valladolid, afin de se rapprocher de la France. Il y procéda, du 6 au it2 janvier 1809, à la distribution

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